Air France a effectué samedi sa dernière rotation à Orly avant de se recentrer sur Roissy Paris-Charles-de-Gaulle, mettant un terme à une histoire de 80 ans, industrielle et parfois glamour, avec l’aéroport parisien.
Le dernier vol aux couleurs de la compagnie tricolore à Orly est un Nice-Paris dont l’atterrissage était prévu à 21H55, a indiqué à l’AFP Air France, qui n’y restera plus que via sa compagnie à bas coûts Transavia.
L’Airbus A320 du vol AF6231 s’est posé à 21H59 précisément à Orly, selon les données du site internet de suivi des vols FlightRadar24.
La « navette », qui effectue les multiples liaisons quotidiennes vers Nice, Toulouse et Marseille, sera désormais assurée depuis l’aéroport de Roissy Paris-Charles de Gaulle alors que le trafic sur les liaisons domestiques au départ d’Orly, au sud de Paris, accuse une forte baisse notamment depuis la pandémie de Covid.
« Le développement de la visioconférence, la réduction des déplacements professionnels sur le domestique et le rapport vers le train conduit à une chute structurelle de la demande sur le réseau domestique point-à-point d’Air France », explique la compagnie lorsqu’elle a pris cette décision en 2023.
« Il y a d’abord eu un effet +train+, avec l’accélération de l’offre SNCF en matière de TGV dans les années 2000 », a indiqué vendredi Henri Hourcade, directeur général France d’Air France-KLM dans un entretien à La Tribune.
Puis est venu avec le Covid le recours plus systématique à la visioconférence. Cela a « réduit notre clientèle affaires, coeur de cible de la Navette » avec une baisse de l’aller-retour à la journée de 60% en 2023 par rapport à 2019, selon lui.
Enfin, la loi Climat et résilience, en 2021, avec l’interdiction des vols intérieurs lorsqu’il existe une alternative ferroviaire en moins de 2h30, a encore accentué le phénomène.
Air France a tenté d’y répondre en particulier les fréquences, passées du 25 à 12 sur Orly-Toulouse et Orly-Nice ou avec de nouveaux tarifs et de nouveaux abonnements, en vain.
« Il a dû se rendre à l’évidence : ces vols ne correspondaient plus au modèle économique d’Air France et aux modes de consommation de nos clients », a souligné Henri Hourcade.
AFP