Premier tour des élections municipales en France, à un an de la présidentielle

Signe de lassitude des électeurs et d’une campagne éclipsée par la guerre au Moyen-Orient? La participation au premier tour des élections municipales en France dimanche s’annonce faible, pour ce scrutin à valeur de test pour l’extrême droite à un an de l’élection présidentielle de 2027.

Quelque 48,7 millions d’électeurs sont appelés aux urnes – dont 358.000 ressortissants de l’Union européenne.

Le parti d’extrême droite Rassemblement national (RN) voit ces élections locales comme un premier jalon vers sa possible accession au pouvoir en 2027 après deux mandats consécutifs d’Emmanuel Macron dans un paysage politique fragmenté entre trois grands blocs, gauche, centre droit et extrême droite, avec des divisions fortes au sein de la gauche et de la droite.

La cheffe de file du RN, Marine Le Pen, déjà trois fois candidate à la présidentielle, pourrait voir sa route barrée si sa peine d’inéligibilité pour détournement de fonds se confirmait.

Le scrutin, dont le second tour se tiendra le 22 mars, vise à élire pour six ans les conseillers municipaux dans quelque 35.000 communes, ceux-ci étant ensuite amenés à désigner parmi eux leur futur maire.

A 17H00 (16H00 GMT), le taux de participation était seulement de 48,90%. Un chiffre certes en hausse de 10 points par rapport aux dernières élections municipales de 2020 – organisées en pleine pandémie de Covid-19 et marquées par une abstention historique, mais en recul de près de 6 points par rapport à 2014 (54,72% à la même heure).

« Cette élection n’a pas trouvé sa place. La campagne a commencé très tardivement à l’échelle nationale parce qu’il y a eu ce vote du budget si tardif », avant d’être « percutée par l’international », notamment l’intervention israélo-américaine en Iran déclenchée le 28 février, a commenté le directeur général de l’institut Ifop, Frédéric Dabi.

Les bureaux fermeront au plus tard à 20H00 (19H00 GMT), heure à laquelle pourront être publiés les premiers résultats.

Si les Français restent attachés aux maires, plus populaires que les élus nationaux, la mobilisation pourrait être pénalisée par une fin de campagne éclipsée par la guerre au Moyen-Orient.

Selon les sondages, 75% des électeurs voteront en fonction de la situation locale, dans ce scrutin moins polarisé qu’au niveau national même si certaines priorités – lutte contre le narcotrafic, accès aux soins ou au logement – sont identiques.

« Si ce scrutin pouvait rester local, si on pouvait arrêter d’en faire un enjeu national, ce serait bien », explique Maya Rayer, 52 ans, électrice à Paris.

« Je voudrais un maire qui agit parce qu’il y a beaucoup de pauvreté, de misère, de délinquance, des problèmes de logements, dans l’éducation », témoigne quant à lui Rébiah, 62 ans, qui a voté à Roubaix (Nord) où s’affrontent six listes.

Au total, 93% des communes, qui n’ont qu’une ou deux listes à départager, connaîtront leur maire dès le premier tour.

Mais l’incertitude est importante dans les grandes villes où peu d’édiles sont assurés d’être reconduits. Dans ces agglomérations, sitôt les résultats connus, une autre élection commencera, avec la question des alliances du second tour… des marqueurs cruciaux à un an de la présidentielle.

 

– Bataille pour Paris –

Le gouvernement a tout fait pour éviter une nationalisation du scrutin, avec des consignes de silence données aux ministres, sauf pour ceux qui sont candidats.

La bataille pour remporter la mairie de Paris, lorgnée par la droite conservatrice (Les Républicains, LR), qui croit aux chances de sa candidate, l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati, pour ravir la capitale au Parti socialiste, au pouvoir depuis 25 ans, s’annonce intense.

L’extrême droite entend supplanter à certains endroits la droite ou faire tomber un cordon sanitaire et l’aspirer dans une alliance là aussi en vue de 2027. Encore peu implanté localement, le RN veut profiter de sa dynamique nationale pour gagner des villes.

Il présentera un nombre record de listes, au moins 650 sur un total de quelque 35.000 communes. Le plus gros butin serait Marseille, deuxième ville de France, où son candidat Franck Allisio est au coude-à-coude avec la coalition de gauche du maire Benoît Payan.

A Nice, sur la Côte d’Azur, où des dizaines de milliers de bulletins, endommagés samedi à cause de la pluie, ont du être réimprimés en urgence, l’ensemble des bureaux de vote a ouvert normalement, selon la préfecture.

AFP

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