Réfugiés dans le « paradis artificiel » des hôtels de luxe à Abou Dhabi, des touristes étrangers ont eu le temps de percevoir les échos de la guerre et d’en avoir « peur » tout le week-end, avant de rentrer lundi chez eux, de Paris à Londres, dès que l’espace aérien a rouvert.
« On vivait dans une sorte de paradis artificiel, avec musique, buffet à volonté, piscine, comme si rien ne se passait. Les personnels de l’hôtel de luxe nous disaient que c’était +safe+. Mais on écoutait les infos, on suivait la guerre et on se disait qu’on était quand même un peu au milieu des tirs de missiles », explique posément cette touriste de 48 ans qui ne faisait qu’une escale dans la capitale des Emirats arabes unis, après un séjour au Vietnam, quand l’aéroport a été mis en alerte.
Les frappes menées depuis samedi par l’Iran contre ses voisins du Golfe, en riposte aux raids israélo-américains, avaient alors entraîné une fermeture de l’espace aérien dans le pays.
Comme beaucoup d’autres touristes, la Française et sa soeur Hélène admettent qu’elles « n’en menaient pas large » en entendant à la fois « les bruits des missiles iraniens interceptés et le son de toutes les alertes qui tombent en même temps sur tous les téléphones portables connectés au wifi de l’aéroport »…
A l’hôtel, elles se situaient à une dizaine de kilomètres de la base navale Al-Salam qui accueille des forces françaises, estime Hélène Mordelle, professeure de français de 50 ans.
Du haut de la tour moderne, elle a pu voir « le nuage de fumée noire qui a couvert toute la ville » dimanche quand une attaque de drones iraniens contre la base a provoqué un incendie, sans faire de victime, et « la circulation de la ville qui semblait très au ralenti, et très morte – mais on ne sait pas comment elle est habituellement »…
– Fumée –
« Un missile a explosé au-dessus de notre hôtel, il a manifestement été abattu. Nous étions sur le toit à ce moment-là et nous pouvions voir la fumée », a témoigné à l’aéroport londonien d’Heathrow Matt Dale, un directeur des ressources humaines en provenance d’Abou Dhabi.
« Nous n’étions pas tant effrayés par la menace des missiles que par l’idée de ne pas pouvoir rentrer chez nous pendant peut-être plusieurs semaines », a ajouté celui qui rentrait d’un voyage en Inde.
Ethan Kendall, 29 ans, rentrait quand à lui d’un mois en Thaïlande, quand son transfert à Abou Dhabi a été annulé. Il a dû attendre deux jours avant de pouvoir prendre un vol vers Londres.
« ça se passait juste au-dessus de nous. Même ce matin, en montant dans la navette de l’aéroport, on entendait toutes ces détonations. On levait les yeux et on voyait juste beaucoup de nuages de fumée », a-t-il témoigné.
AFP
