Le droit international menacé par les « attaques frontales » de l’administration Trump, dénonce Amnesty

Le droit international subit des « attaques frontales » des Etats-Unis depuis le retour du président Donald Trump, dénonce Amnesty International, qui s’alarme dans son rapport annuel publié mardi des menaces croissantes sur le système mondial de défense des droits humains.

 

 

« Des forces d’une ampleur sans précédent veulent en finir avec l’idéal des droits humains pour tous et toutes, cherchant à détruire un système international forgé dans le sang et les souffrances de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah », affirme la secrétaire générale Agnès Callamard dans la préface du rapport de l’ONG.

Amnesty s’indigne des vies « dévastées » de millions de personnes en 2024, du fait des conflits et des exactions commises au Proche-Orient, au Soudan, en Ukraine ou encore la situation des femmes en Afghanistan.

Le rapport accuse surtout plusieurs Etats parmi les plus puissants, comme les Etats-Unis, la Russie et la Chine, de « saper » les acquis du droit international, tout comme la lutte contre la pauvreté et les discriminations.

Si ces « offensives irresponsables et punitives » sont à l’œuvre depuis plusieurs années, le retour du président américain Donald Trump à la Maison Blanche « ne fait qu’accélérer » ce processus, dénonce l’ONG.

Les cent premiers jours de son deuxième mandat ont été « marqués par une vague d’attaques frontales contre l’obligation de rendre des comptes en matière de droits fondamentaux, contre le droit international et contre l’ONU », accuse Mme Callamard, qui appelle à la « résistance concertée ».

La nouvelle administration a ainsi gelé l’aide internationale américaine, réduit ses financements à plusieurs organisations de l’ONU et mené des expulsions critiquées de détenus vers des pays d’Amérique latine.

« Des gouvernements puissants ont bloqué à plusieurs reprises les tentatives d’agir de manière significative pour en finir avec les atrocités », souligne plus largement l’ONG dans son rapport.

Elle vise en particulier les pays qui ont contesté les décisions de la Cour internationale de justice à l’encontre d’Israël, après la plainte de l’Afrique du Sud pour « génocide » à l’encontre des Palestiniens.

Et ceux, comme la Hongrie, qui refusent d’appliquer les mandats d’arrêts émis par la Cour pénale internationale contre plusieurs dirigeants israéliens, dont le premier ministre Benjamin Netanyahu.

« Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et de nombreux pays de l’UE ont publiquement soutenu les actions d’Israël à Gaza », dénonce encore Amnesty.

Désormais, selon l’ONG, le monde assiste à « un génocide en direct » dans le territoire palestinien, accusation fermement rejetée par Israël.

– « Indifférence » pour le Soudan –

La guerre à Gaza a débuté le 7 octobre 2023 par une attaque sans précédent menée contre Israël par des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza, qui a entraîné la mort de 1.218 personnes, essentiellement des civils, selon un bilan de l’AFP établi à partir de données officielles israéliennes. Le Hamas a également enlevé 251 personnes, et 58 sont toujours entre les mains du groupe islamiste, dont 34 sont morts, selon l’armée israélienne.

En riposte, Israël a promis de détruire le Hamas, et mène une offensive militaire qui a fait plus de 52.000 morts, majoritairement des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.

L’année 2024 est aussi marquée par le conflit au Soudan entre l’armée régulière et les paramilitaires des FSR. Cette guerre a conduit « à la plus grande crise actuelle de déplacements forcés (de population) dans le monde », avec plus de onze millions de personnes contraintes de fuir.

La famine frappe aussi des millions de personnes, et ce dans « l’indifférence quasi générale » du reste du monde, s’indigne l’ONG.

Sur un autre volet, Amnesty s’inquiète des attaques contre les droits des femmes et des personnes LGBT+. Ces violences et discriminations ont « flambé » en 2024, que ce soit dans les conflits, comme au Soudan, mais aussi en Afghanistan, où les femmes et les filles subissent un durcissement draconien de la législation sous l’autorité des talibans.

Enfin, l’ONG pointe le « besoin urgent » de réglementer les technologies numériques et d’intelligence artificielle pour les rendre respectueuses des droits humains, estimant que « les gouvernements abusent de manière croissante de logiciels espions et autres outils de surveillance » contre leurs opposants. (Afp)

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