Lutte contre l’excision: Plus de quatre millions de filles sont encore exposées au risque de mutilations génitales féminines

La célébration le 6 février de la lutte contre les mutilations génitales féminines a été pour le monde entier une prise de conscience contre cette forme de maltraitance à l’égard des jeunes filles. Ainsi la déclaration conjointe de la Directrice exécutive du FNUAP, de la Directrice générale de l’UNICEF, du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, de la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, du Directeur général de l’OMS et du Directeur général de l’UNESCO à l’occasion de la Journée internationale pour la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines

« On estime que 4,5 millions de filles – dont beaucoup ont moins de cinq ans – risquent de subir des mutilations génitales féminines en 2026. Actuellement, plus de 230 millions de filles et de femmes en ont des séquelles à vie », a déclaré sur le site de l’Organisation Mondiale de la Santé, les dirigeantes et des dirigeants d’institutions des Nations Unies préconisent un engagement et des investissements durables pour mettre fin à cette pratique.

Selon ces organisations de lutte contre les droits humains, aujourd’hui, à l’occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, « nous réaffirmons notre engagement à mettre fin à ces pratiques pour protéger chaque fille et chaque femme à risque, et à continuer à œuvrer pour que les femmes soumises à cette pratique nuisible aient accès à des services de qualité et adaptés ».

Selon elles, les mutilations génitales féminines constituent une violation des droits humains et sont injustifiables. Elles portent atteinte à la santé physique et mentale des filles et des femmes. Elles peuvent entraîner de graves complications à vie et les coûts de leur traitement sont estimés à environ 1,4 milliard de dollars des États-Unis (USD) par an.

Ainsi, à les en croire, les interventions menées au cours des trois dernières décennies pour mettre fin aux mutilations génitales féminines ont un impact, près des deux tiers de la population dans les pays où elles ont cours étant favorables à leur élimination. « Après des décennies de lents changements, les progrès accomplis pour faire reculer les mutilations génitales féminines s’accélèrent : la moitié des progrès réalisés depuis 1990 l’ont été au cours de la dernière décennie, la proportion de filles victimes de MGF étant passée de la moitié au tiers. Nous devons profiter de cet élan et progresser encore plus vite pour atteindre l’objectif de développement durable consistant à mettre fin aux mutilations génitales féminines d’ici à 2030 », précisent-elles.

« Nous savons ce qui fonctionne. L’éducation pour la santé, la mobilisation des responsables religieux et communautaires, des parents et des professionnelles et professionnels de santé, ainsi que l’utilisation des médias classiques et des réseaux sociaux, sont des stratégies efficaces pour mettre fin à cette pratique. Nous devons investir dans les mouvements communautaires – y compris les réseaux communautaires et de jeunesse – et renforcer l’éducation selon des modalités officielles et communautaires. Nous devons relayer les messages de prévention en impliquant des leaders d’opinion de confiance, y compris des professionnelles et professionnels de santé. Et nous devons soutenir les survivantes en veillant à ce qu’elles aient accès à des soins de santé complets et adaptés, à un soutien psychosocial et à une assistance juridique », ont encore attiré l’attention des militants à cette pratique odieuse.

En effet, sur le site de l’Oms, on soutient que chaque dollar investi pour mettre fin aux mutilations génitales féminines en rapporte dix. Un investissement de 2,8 milliards USD permet d’éviter 20 millions de cas et d’obtenir 28 milliards USD de retour sur investissement.

Alors que l’année 2030 approche, les acquis obtenus au fil des décennies sont menacés alors que les investissements et le soutien diminuent à l’échelle mondiale. Le recul du financement et la baisse des investissements internationaux en faveur des programmes de santé, d’éducation et de protection de l’enfance entravent déjà les démarches entreprises pour prévenir les mutilations génitales féminines et soutenir les survivantes.

De plus, l’opposition systématique et croissante aux efforts visant à mettre fin aux mutilations génitales féminines, y compris des arguments hasardeux selon lesquels elles devraient être pratiquées par des médecins ou des professionnelles et des professionnels de santé afin d’être moins dangereuses, est un obstacle supplémentaire.

Sans financement suffisant et prévisible, les programmes de sensibilisation communautaire risquent d’être réduits, les services de premier recours risquent d’être affaiblis et une régression est à craindre – ce qui mettrait en danger des millions de filles supplémentaires à un moment critique dans la lutte pour atteindre l’objectif à l’horizon 2030.

« Aujourd’hui, nous réaffirmons notre engagement et nous poursuivons nos efforts avec des partenaires publics et privés locaux et mondiaux, y compris les survivantes, pour mettre fin définitivement aux mutilations génitales féminines », ont-elles fait remarquer.

Toutefois, au Sénégal, la loi interdisant l’excision et la pratique des mutilations génitales a été votée depuis 1999 par l’Assemblée nationale. Mais les résistances continuent dans la clandestinité faisant croire à des coutumes ancrées qui existent depuis fort longtemps sans la société sénégalaise.  Malgré les sensibilisations faites, certaines femmes ont expliqué que c’est une pratique socio-culturelle et religieuse.

En attendant, les femmes commencent à prendre conscience des effets de la santé liés à ces pratiques sur les jeunes filles.

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