Le parquet kényan a abandonné lundi les accusations de terrorisme contre le célèbre militant kényan Boniface Mwangi, qui avaient soulevé une large vague de condamnations, mais le poursuivent néanmoins pour « possession illégale de munitions ».
Le pays d’Afrique de l’Est a connu récemment une vague de manifestations contre le président William Ruto qui ont été brutalement réprimées par la police, faisant des dizaines de morts. Les organisations de défense des droits humains ont critiqué la réponse brutale du gouvernement, des enlèvements et le récent recours aux accusations de terrorisme contre de nombreux manifestants.
Parmi eux, Boniface Mwangi était détenu depuis samedi, accusé par la Direction des enquêtes criminelles (DCI) de la police kényane de « facilitation d’actes terroristes » lors des manifestations du 25 juin 2025 à Nairobi, ce qu’il a nié, déclarant sur X : « Je ne suis pas un terroriste ».
Il s’est présenté lundi devant un tribunal de Nairobi en scandant « Ruto doit partir ». Son acte d’accusation, consulté par l’AFP, le met en cause pour « possession de substances nocives, à savoir trois bombes lacrymogènes sans autorisation légale », ainsi que d’une cartouche à blanc – ce qu’il dément. Il a plaidé non coupable et a été remis en liberté, sous obligation de comparaître, faute de quoi il devra payer un million de shillings (environ 6.000 euros).
« La vérité, c’est que notre président a peur des jeunes, parce que les jeunes s’organisent eux-mêmes, ils descendent dans la rue, ils réclament des améliorations », a martelé M. Mwangi devant le tribunal après sa libération, face à ses partisans et aux journalistes.
Le mandat utilisé par la police pour perquisitionner son domicile et son bureau accusait le militant d’avoir payé des « voyous » pour attiser les violences lors des manifestations du mois dernier.
« Notre président pense que les gens sont payés pour aller dans la rue et il pense que je suis le financier », a-t-il affirmé.
Plusieurs organisations de défense des droits humains ont salué la décision des procureurs d’abandonner les accusations de terrorisme, mais ont dit rester « profondément préoccupées » par l’usage de ces mêmes accusations dans des dizaines d’autres cas.
Elles ont exhorté les autorités à « abandonner cette approche dangereuse de gestion de la contestation publique ».
(Afp)