Le principal chef de l’opposition en Tanzanie, Tundu Lissu ne sera pas condamné à mort car la justice l’a innocenté vendredi du chef d’accusation de trahison, mais il devra passer quatre ans en prison pour « incitation » à la violence et manquera ainsi la prochaine présidentielle.
« Le tribunal est convaincu que l’accusé a commis l’infraction d’incitation et le déclare coupable à ce titre », a déclaré le juge Dunstan Ndunguru lors du prononcé du verdict. « A travers ses déclarations, l’accusé avait l’intention de perturber les élections et d’inciter à la violence », a-t-il justifié. « Nous vous condamnons à quatre ans de prison, mais les portes restent ouvertes pour un appel », a encore affirmé le juge Ndunguru.
Tundu Lissu, 58 ans, président de Chadema, principale formation de l’opposition face au parti Ccm qui dirige la Tanzanie depuis son indépendance, a dénoncé une « persécution politique ». « On a inventé des prétextes pour m’emprisonner », a-t-il lancé depuis le tribunal. « Je n’ai pas été poursuivi pour incitation, mais vous, les juges, me condamnez pour cela uniquement pour impressionner la personne qui vous décerne vos titres », a-t-il encore regretté, accusant les magistrats d’obéir à des « directives ».
Interrogé par l’Afp, le responsable des relations internationales de Chadema, John Kitoka, a dénoncé une « parodie de justice » qui, par la « politisation de l’appareil judiciaire », vise à « entraver les processus démocratiques ». « L’objectif principal de ce jugement était de le maintenir en prison pour la prochaine élection » présidentielle, prévue en octobre 2030, a-t-il affirmé.
L’opposant avait été arrêté en avril 2025 après avoir déclaré que Chadema entendait « bloquer les élections par la confrontation » si le système électoral n’était pas réformé. Chadema a finalement été exclu des élections d’octobre 2025 après avoir refusé de signer un nouveau « code de conduite électorale » qui, selon lui, n’incluait pas les réformes qu’il exigeait.
