La F1 prépare son retour en Afrique. Le Rwanda et la F1 se sont mis d’accord jeudi pour l’organisation d’un Grand Prix qui devrait permettre à la discipline reine du sport automobile de revenir d’ici quelques années sur le continent, déserté depuis le dernier GP d’Afrique du Sud en 1993.
Deux sources proches du gouvernement rwandais ont fait état d’une communication « en temps voulu » sur le sujet par l’exécutif rwandais. Une source proche de la Fédération internationale de l’automobile (FIA), qui chapeaute la discipline mais n’en est pas propriétaire, a évoqué une conférence de presse « la semaine prochaine » à Kigali, la capitale du pays d’Afrique de l’Est.
Les autorités du Qatar, qui « appuie » le projet d’un GP du Rwanda appelé à se tenir durant « la décennie 2030 », seront présentes à cet évènement, a-t-elle déclaré sans plus de précision.
Le Rwanda ne dispose pour l’instant pas d’un circuit à même d’accueillir la F1, dont la construction s’annonce coûteuse.
– Diplomatie sportive –
« Nous sommes heureux pour le GP du Rwanda de Formule 1 », a de son côté écrit sur X le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie. « Ils sont sur ce dossier depuis plus longtemps que l’Afrique du Sud et ils le méritent », a-t-il ajouté, alors que les deux pays étaient concurrents pour faire revenir la F1 en Afrique.
Le Rwanda est un pays vallonné d’Afrique des Grands Lacs, un peu moins vaste que la Belgique qui l’a colonisé dans les années 1920 jusqu’à son indépendance en 1962. Son histoire a été marquée par le génocide des Tutsi de 1994, qui a fait 800.000 morts, pour la plupart des membres de cette communauté mais aussi des Hutu modérés.
Depuis lors, sous la houlette du président Paul Kagame, le Rwanda a connu une mue économique, bien visible dans la capitale Kigali.
Les détracteurs de cet homme longiligne, réélu en 2024 pour un 4e mandat avec un score de 99,18% des suffrages, l’accusent toutefois de diriger le pays d’une main de fer et de museler toute opposition.
M. Kagame a aussi choisi de promouvoir son pays par le sport, le Rwanda devenant l’an dernier le premier pays africain à organiser les championnats du monde de cyclisme.
En décembre 2024, le président rwandais avait annoncé devant la FIA que son pays « postulait pour apporter le frisson de la course automobile à nouveau en Afrique », même si le Kenya voisin accueille régulièrement ces dernières années une manche du championnat du monde de rallye – discipline bien moins prestigieuse que la F1.
– Hamilton « en coulisses » –
Le septuple champion du monde de Formule 1, le britannique Lewis Hamilton, avait également indiqué récemment « se battre en coulisse » depuis des années « pour avoir un Grand Prix » sur le continent africain, qualifiant le Rwanda de pays « spectaculaire » dans lequel « il pensait pouvoir vivre ».
Kigali sponsorise plusieurs clubs de foot européens d’envergure – Paris SG, Atletico Madrid, Aston Villa – via son logo « Visit Rwanda », ainsi que la franchise américaine de basket des Los Angeles Clippers (NBA).
Les résultats sont pour l’instant mitigés sur le plan touristique. Alors que le pays recevait 1,2 million de touristes en 2017, l’année précédant la campagne « Visit Rwanda », leur nombre est monté à 1,6 million en 2019, pour redescendre à 1,49 million en 2025, selon des chiffres officiels.
Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes critiquaient une stratégie inadaptée pour un pays dont le PIB par habitant dépasse à peine les 1.100 dollars, quand un pass pour un week-end de F1 coûte plusieurs centaines de dollars.
« Les autorités gardent leurs cartes bien cachées à ce sujet, a estimé l’un des sources proches du gouvernement rwandais, parce qu’elles ne veulent pas provoquer une révolte de la jeunesse, qui (…) ne manquera pas de demander comment l’organisation d’un GP de Formule 1 va transformer leur triste situation économique. »
AFP
