RFI / France 24 : Nous sommes ici aux Nations unies, des Nations unies impuissantes souvent, presque ruinées, certains disent inutiles, avec une Afrique qui est historiquement sous-représentée. À quoi bon finalement ces Nations unies ? Est-ce qu’il ne faut pas revoir totalement l’architecture internationale ?
Bassirou Diomaye Faye : Je crois que le constat est partagé sur l’état de l’ONU aujourd’hui. Et c’est justement parce qu’il est dans cet état qu’il faut se rappeler ce qui a été à l’origine de la création de cette organisation. Nous venions juste de sortir d’un contexte d’après Seconde Guerre mondiale, avec les ravages que l’on a connus. Le monde ne pouvait pas rester impuissant ou attendre encore de plonger dans un tel chaos pour éviter une guerre de cette ampleur. Nous devons donc toujours nous rappeler l’idée originelle. Et c’est justement parce que les Nations unies ne sont plus aujourd’hui, de l’avis de beaucoup d’observateurs, à la hauteur de la mission originelle qui a été la leur, qu’il faut s’y intéresser, les réformer et leur faire jouer le rôle qui devait être le leur, leur faire assumer la mission pour laquelle elles ont été créées. Cette organisation demeure importante. Aujourd’hui, nous devons travailler à ce que le multilatéralisme reprenne le dessus sur les initiatives bilatérales. C’est tout le sens du combat que nous sommes en train de mener aux Nations unies et dans toutes les tribunes où il est question de parler de notre organisation commune. L’Afrique y est sous-représentée. Je suis tout à fait en phase avec vous. Tous les discours, depuis des années, convergent sur la nécessité pour l’Afrique d’avoir un siège permanent au Conseil de sécurité. C’est un combat qui est en train d’être mené, et nous espérons que les voix qui portent réellement la décision au sein de l’ONU comprendront la nécessité qu’un continent qui doit faire 2,5 milliards de personnes à l’horizon 2050 ne puisse être exclu des instances de décision de l’organisation mondiale.
Ce combat, c’était celui d’Antonio Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre. Pourquoi avez-vous choisi de soutenir la candidature de Macky Sall, alors que tout le monde s’accorde à dire qu’elle n’a que très peu de chances d’aboutir ?
Je ne partage pas ce pessimisme sur la candidature de l’ancien président du Sénégal, Monsieur Macky Sall. Tout au contraire, je pense qu’elle garde encore toutes ses chances de succès. En réalité, ceux qui sont, ou celles qui sont considérés comme ayant des chances, ne le seront que lorsque les cinq auront décidé que leur candidature passe. On ne sait pas encore ce que seront les votes des membres permanents du Conseil de sécurité. Les jeux restent ouverts. Nous sommes en train de faire le travail. De notre point de vue, nous sommes en train de discuter avec ceux qui votent, ceux qui tiennent la décision et j’estime, contrairement à ces prédictions, que les chances sont réelles. Mais ce sur quoi je voudrais insister, c’est le profil du candidat. Je pense que vous venez de le dire tout à l’heure, l’Afrique est sous-représentée. Qui de mieux aujourd’hui pour défendre une meilleure place de l’Afrique que le président Macky Sall ? Qui de mieux pour défendre la réforme de l’architecture financière internationale que le président Macky Sall, qui a subi les affres de la dette qui l’ont plombé par rapport aux ambitions qu’il a eues et qu’il partage avec beaucoup de pays du tiers-monde ou du Sud ? Je pense que sur ce rapport-là, il est de notre devoir de le soutenir en tant que Sénégalais, de le soutenir parce que nous pensons aujourd’hui que la place qui doit être celle de l’Afrique au sein de l’ONU ne peut être mieux défendue que par un Africain.
Alors vous, vous avez mentionné la dette, cette fameuse dette cachée, le gouvernement, votre gouvernement, vient de conclure un accord très attendu avec le Fonds monétaire international, qui doit permettre un prêt de 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Pour ça, il faut que votre dette, qui est donc bien plus importante qu’il y a quelques années, devienne soutenable. Il y a des négociations qui sont en train de s’ouvrir avec les créanciers multilatéraux et bilatéraux. Est-ce que vous espérez que ces négociations vont se conclure rapidement, plus rapidement que d’autres pays, par exemple comme le Ghana ou la Zambie ?
Je pense que c’est une préoccupation partagée tant par le Sénégal, qui a choisi le cadre commun du G20, que par le cadre lui-même, qui doit faire preuve d’efficacité et d’efficience, particulièrement sur la réduction des délais dans le cadre des négociations. En réalité, c’est ça qui fait les hésitations des États qui sont dans une telle situation, à recourir à ce cadre. J’ai été récemment à Washington et j’ai vu que c’est une préoccupation que je partage avec la directrice générale du fonds, mais aussi avec le directeur général de la Banque mondiale. J’estime que ce que nous avons demandé avant de choisir le cadre, c’est que le cadre soit amélioré. Et la préoccupation fondamentale a été la préoccupation sur le délai de traitement ou des discussions qui doivent se tenir dans ce cadre. Sur ce rapport, nous avons des engagements fermes qui nous ont été donnés sur la réduction des délais avant d’avoir choisi le cadre. Nous espérons que chaque partie fera preuve de toutes les diligences possibles pour que nous allions plus vite et qu’au-delà du Sénégal, d’autres pays qui fatalement vont se retrouver dans cette situation-là auront plus confiance en ce cadre qui a été institué aussi pour être choisi par les pays qui sont dans une situation comme la nôtre.
Donc d’ici quelques mois ?
Nous l’espérons, nous travaillons à cela aussi.
FMI rime souvent avec austérité. Il se dit que vous avez déjà accepté de baisser les subventions à l’énergie. D’autres mesures d’austérité risquent d’arriver également. Est-ce que finalement, ce ne sont pas les plus démunis qui vont encore devoir payer le prix de ces politiques du FMI ?
Au contraire, je pense que dans le cadre du Sénégal, ce que nous avons réussi, c’est de préserver le pouvoir d’achat des plus démunis, comme vous l’avez dit. En 2026, nous avions, face aux difficultés, programmé de payer 35 milliards [de FCFA, NDLR] de bourses de sécurité familiale, nous avons décidé de doubler cette enveloppe pour la porter en 2026 à 70 milliards. Cette même enveloppe de 70 milliards sera doublée en 2027 pour être portée à 140 milliards. Et le registre national des bénéficiaires de ces bourses passe d’environ 500 000 à 1 million de bénéficiaires. Pas plus tard qu’avant-hier, dans le cadre du Programme national de solidarité, nous avons fait beaucoup de soutien à beaucoup de ménages vulnérables. Donc, notre préoccupation fondamentale dans le cadre de ces discussions avec le Fonds a été de préserver le pouvoir d’achat et d’assister les plus faibles pour que, justement, ils n’aient pas à payer le prix fort des efforts que nous sommes fatalement amenés à faire pour restaurer les équilibres financiers. C’est sur cela que nous travaillons. Et dans un registre d’austérité, comme on veut le faire croire, on ne recrute pas 2000 enseignants, on ne recrute pas plus de 2000 personnels de santé. On ne fait pas autant d’investissements que ce que nous sommes en train de faire dans le domaine de la santé et dans d’autres domaines. Je pense que le Sénégal a réussi aujourd’hui à restaurer la confiance avec le peuple, de l’État avec le peuple. Le Sénégal a réussi à restaurer sa confiance avec les partenaires et les investisseurs. Et nous sommes en train d’enclencher une phase que nous espérons va très rapidement porter ses fruits par rapport à la qualité de vie des Sénégalais. C’est cela notre préoccupation quotidienne.
Pour que cela soit en effet enclenché, il faut que les mesures que vous êtes en train de mettre en place soient adoptées. C’est l’objet de la loi de finances qui va bientôt arriver devant l’Assemblée nationale. Or, à l’Assemblée nationale, votre ancien parti, le Pastef, a une très large majorité. Est-ce qu’il n’y a pas un risque de censure, justement, de cette loi de finances ? Rappelons quand même que certains membres du Pastef vous ont accusé de trahison et de vous soumettre au FMI. Je vois que vous souriez. Est-ce que ce n’est pas une véritable crainte, cette censure ?
En fait de trahison, la seule chose que je suis susceptible de trahir, c’est mon serment que j’ai prêté le 2 avril 2024 face au peuple sénégalais et devant Dieu. Au-delà de ces référents, il n’y a pas d’autres choses qui m’engagent. Par rapport à la loi de finances rectificative comme par rapport à d’autres lois, quand il s’agit d’aller à l’Assemblée nationale, le gouvernement y va. Ce qu’il ne faut pas oublier aussi, c’est que le gouvernement est une institution à côté de l’institution que représente l’Assemblée nationale et celle que je représente moi-même et d’autres institutions, notamment sur le plan judiciaire. Et là-bas, chacun assume ses responsabilités et le peuple arbitre saura juger chacun par rapport à la posture qui est la sienne. Mais j’estime que dans le contexte où nous sommes, par rapport aux efforts que nous sommes amenés à faire pour le bénéfice du peuple sénégalais, ces représentants ne sauraient avoir un autre comportement patriotique que d’accompagner cette dynamique qu’ils ont trouvée, qu’ils ont eu à manager avec nous et qui est restée en l’état, mais que nous sommes en train de travailler à juguler.
On se souvient, monsieur le Président, que le limogeage de votre Premier ministre, Ousmane Sonko, est intervenu peu après une visite du Fonds monétaire international. Est-ce que finalement, c’est votre volonté d’avancer avec le Fonds monétaire international qui a été l’objet de la rupture avec votre ancien compagnon de route ?
Non, même pas. Nous avons eu des divergences persistantes sur certains sujets. Le président de la République que je suis l’avait choisi comme Premier ministre en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la Constitution. Quand cette rupture de confiance a persisté, je me suis choisi un autre Premier ministre et le Sénégal avance et la République est à l’œuvre. Et c’est la seule chose qui soit immuable.
Monsieur le Président, étant donné le contexte qu’on vient de décrire à l’Assemblée nationale, il y a une question qui se pose, c’est la possibilité éventuellement de dissoudre cette Assemblée nationale. Vous y êtes autorisé par la Constitution à partir du 2 décembre. Est-ce que cette option est bien sur la table ?
Nous ne sommes pas encore au 2 décembre et il n’y a pas de fixation sur une dissolution de l’assemblée ou sur l’organisation d’élections à telle date ou telle autre date. Toujours est-il que ceux qui ont hâte d’aller aux élections et qui, de ce fait, ont saisi la Cour suprême pour obtenir cette date-là, ils ont vu la Cour leur dire par deux fois, par un référé-liberté dont elle a été saisie et par un référé mesures utiles, rien ne me contraint à parler ou à fixer la date des élections en ce moment, et si cela devait se faire, ce sera dans le cadre d’un consensus – vous savez mon attachement au dialogue et mon sens de la concertation par rapport à ce qui concerne les affaires publiques.
Mais vous n’excluez pas quand même l’option de la dissolution de l’Assemblée nationale ?
Pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ? Tout est question de nécessité ou de contexte. Le moment venu, selon ce qu’on aura en face, on décidera. Mais la seule boussole que nous avons, c’est l’intérêt supérieur du peuple sénégalais et la fluidité dans la communication des institutions. Comme je l’ai dit, chaque institution est appelée à être à la hauteur. Nous ne pensons pas qu’il puisse y avoir un blocage qui soit absolument insurmontable. Et c’est justement quand de telles situations arrivent que la Constitution a aménagé les pouvoirs de chaque institution pour qu’elle puisse agir en conséquence.
Monsieur le Président, vous venez de lancer il y a quelques semaines votre parti, Kiiraay – Les Patriotes républicains. Or, un sujet préoccupe aujourd’hui les Sénégalais, allez-vous annoncer le report des élections locales qui sont prévues pour se tenir le 17 janvier ?
J’ai rappelé tout à l’heure qu’il y a une organisation de la société civile qui a saisi la Cour des comptes, la Cour suprême plutôt, pour lui demander de m’enjoindre à fixer la date de l’élection. Un référé-liberté. La Cour a considéré que, au regard des dispositions légales, l’élection peut s’organiser jusqu’à la fin de l’année, les élections locales jusqu’à la fin de l’année 2027. Une autre organisation, cette fois-ci constituée d’acteurs politiques, le Front pour la défense de la République, a saisi la même cour en référé mesures utiles, et la Cour a aussi décidé de la même chose. Donc, il n’y a rien qui urge en réalité, et je ne voudrais pas que nous soyons dans l’obsession électorale permanente, alors que nous avons quelque chose qui doit aujourd’hui nous préoccuper fondamentalement, c’est comment discuter avec le fonds, obtenir un accord, un programme qui passe en conseil d’administration, qui soit approuvé et qui restaure définitivement la confiance des partenaires vis-à-vis du Sénégal et des investisseurs vis-à-vis du Sénégal. C’est cela ma préoccupation.
Il y a un sujet qui préoccupe la communauté internationale, c’est la loi que vous avez promulguée le 31 mars sur la criminalisation de l’homosexualité. Est-ce que vous comprenez ces critiques et est-ce que vous êtes d’accord avec l’option qui avait été mise sur la table par Ousmane Sonko, d’éventuellement durcir cette loi si nécessaire ?
De quelle communauté internationale parlez-vous ?
La France, les Nations Unies…
Est-ce que dans ces pays-là, quand ils ont légalisé le mariage homosexuel, nous étions très choqués, mais est-ce que nous avons réagi ? Non. Nous avons considéré que ce sont des pays souverains qui ont fait leurs options législatives et nous l’avons respecté. Nous demandons la même chose.
Monsieur le Président, l’Union européenne finance la construction au Sénégal de deux centres d’accueil de migrants secourus en mer. Est-ce que les pays africains ne sont pas en train de devenir les sous-traitants d’une politique migratoire répressive menée par plusieurs pays européens ?
Non, pas du tout. En réalité, même quand il a été question pour le Sénégal d’accueillir certains migrants refoulés de certains pays, nous avons refusé. Les migrants, par contre, qui prennent la mer pour l’essentiel sont aussi des Africains, il est question d’abord de leur protection, de leur intégrité physique au regard des conditions dans lesquelles ces migrants voyagent, et on sait à quel point c’est périlleux et combien de vies ça a coûté. D’un autre côté, c’est de ne pas les laisser entre les mains de passeurs ou de trafiquants d’êtres humains. Il est de notre responsabilité d’empêcher ces départs. Nous sommes en train de réaliser depuis 2024 des résultats extrêmement importants au Sénégal, ce que nous faisons en collaboration avec les autres pays de destination de ces flux migratoires irréguliers. Sur ce rapport, quand nous ramenons des migrants en terre ferme, il est de notre responsabilité aussi de les prendre en charge. Il ne s’agit en réalité que de cela, pas plus.
Alors le Sénégal doit accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse. C’est la première fois que des Jeux olympiques vont se tenir sur le continent africain. J’imagine que c’est un immense motif de fierté, mais c’est aussi un défi logistique et sécuritaire. Est-ce que le Sénégal sera prêt à tous ces points de vue ?
On dira enfin 150 ans après, enfin la flamme vient en Afrique. Nous avons eu l’honneur et le privilège de l’accueillir au nom de l’Afrique qui accueille ces Jeux, qui sont célébrés à Dakar. Nous avons de notre côté travaillé à être à la hauteur des défis qui sont certes organisationnels, sécuritaires. À ce stade, les infrastructures qui doivent accueillir les Jeux sont prêtes et nous travaillons aussi à continuer à parfaire le concept de sécurité des Jeux. Sur ce rapport, nous sommes confiants, à quelques semaines des Jeux, que le Sénégal sera prêt, que nous organiserons des Jeux à notre image, sobres mais festifs, mais que nous montrerons aussi une jeunesse qui n’a pas que la migration en ligne de mire, mais qui est débordante d’énergie, qui est fière et qui est prête à accueillir le monde dans notre hospitalité légendaire.
Sur le plan régional, Monsieur le Président, la situation sécuritaire au Mali, avec qui vous partagez une frontière, et plus largement dans les pays de l’AES, est préoccupante. Est-ce que vous ne craignez pas, je sais que vous en avez discuté avec plusieurs de vos homologues ici à New York, est-ce que vous ne craignez pas une contagion au Sénégal ? Vous parliez des JOJ justement, est-ce que vous avez eu à déjouer des tentatives d’attaques terroristes ces dernières semaines ?
Le Mali est un pays voisin qui le restera parce que ni le Sénégal, ni le Mali ne déménageront. Sur ce rapport, quand il y a des problèmes de sécurité de cette nature au Mali, ils concernent forcément le Sénégal. Le terrorisme n’a pas de frontières. Ces conflits asymétriques ne sont pas à l’image des conflits conventionnels que nous connaissons. Donc, tout pays peut être frappé parce que justement, les facteurs qui font décider de frapper tel pays ou tel autre pays ne sont maîtrisés par aucun État. Le pays où nous sommes l’a vécu, votre pays l’a vécu, d’autres encore l’ont vécu. Donc le Sénégal ne peut pas dire qu’il est à l’abri. Mais nous prenons toutes les mesures qu’il faut, qui sont nécessaires, en concertation avec les pays avec lesquels nous partageons cette menace réelle par l’échange de renseignements et par tout autre mécanisme. Nous sommes même allés à un moment donné jusqu’à des patrouilles communes pour anticiper cette menace et enrayer toute tentative de frappe sur le Sénégal. Nous continuons à être vigilants, notamment dans le contexte des Jeux, mais nous sommes tout à fait conscients du niveau de la menace dans toute la sous-région, et cela nous concerne au plus haut point.
Alors justement, vous êtes depuis quelques semaines président en exercice de la Cédéao, une institution régionale en crise, notamment à cause du départ de ces trois pays de l’Alliance des États du Sahel. Votre première visite a été justement pour le Mali. Alors est-ce que ça veut dire que vous allez aussi vous rendre au Burkina Faso et au Niger ? Et est-ce que, on sait qu’il y a beaucoup de médiations pour essayer de faire revenir ces trois pays dans le giron de la Cédéao et de l’Union africaine, c’est votre objectif à vous ?
Je n’ai pas de frontières en tant qu’Africain, pour aller dans un pays ou dans un autre où je serai certainement bien accueilli en tant que frère africain. Évidemment, je me suis rendu au Mali, je pourrai me rendre dans n’importe quel autre pays dans le futur, selon les besoins et les disponibilités. La Cédéao fait face à des défis. Nous avons vu trois membres qui sont importants quitter l’organisation et créer une autre organisation, la Confédération des États du Sahel. C’est leur souveraineté de décider d’être dans une organisation ou d’en sortir. Ce n’est pas une première ni dans le monde, ni en Afrique. Nous respectons cette décision et nous travaillons à garantir les conditions d’une coexistence des deux organisations qui garantissent la libre circulation des personnes et des biens et qui garantissent une cohabitation qui permette d’avoir un commerce réel entre les pays, qu’ils soient membres de la Cédéao ou qu’ils soient membres de la Confédération des États du Sahel. Sur ce rapport, le dialogue est enclenché. Nous avons nommé un négociateur spécial en la personne du président Lansana Kouyaté. Le Sénégal jouera sa partition. Nous n’avons pas de sens interdit. Nous tendons la main à tout le monde et nous parlons à tout le monde, quelle que soit l’organisation dont il ressort. Parce qu’il nous faut bien discuter des problèmes que nous avons en commun, à savoir comment piloter cette sortie de la façon la plus intelligente possible. Et s’il était demain de la décision de ces autorités de prendre une autre voie, nous pourrons toujours en discuter parce que nous partageons le même espace commun et nous devons y travailler et cohabiter dans les meilleures formes possibles.
RFI



