Le président du Soudan du Sud Salva Kiir va nommer dans les prochaines heures un nouveau gouvernement, a annoncé mardi le ministre de l’Information, à trois mois exactement des premières élections de l’histoire du pays, prévues le 22 décembre dans un contexte très incertain.
Le mandat de l’actuel « gouvernement d’union nationale », mis en place par un accord de paix ayant mis fin en 2018 à une sanglante guerre civile, échoit mardi à minuit (21H00 GMT), « donc à minuit, il y aura un nouveau gouvernement en place », a déclaré Ateny Wek Ateny sur les antennes publiques.
Lundi, le chef de l’Etat – et candidat probable à la présidentielle – a promulgué une loi lui permettant de rester à la tête du Soudan du Sud jusqu’au contrôle et l’autorisant à relever les vice-présidents de leurs fonctions.
Le Soudan du Sud, plus jeune pays du monde, a proclamé son indépendance en 2011 en se séparant du Soudan. Mais dès 2013, il a sombré dans une guerre civile sur fond de lutte pour le pouvoir entre le président Salva Kiir et son vice-président Riek Machar, qui a fait 400.000 morts et quatre millions de déplacés.
L’accord de paix de 2018 prévoyait un partage du pouvoir entre Salva Kiir et Riek Machar – à nouveaux aux postes de président et vice-président – pendant une période de transition censée initialement s’achever en 2022 par des élections plusieurs fois rapportées.
M. Machar a été arrêté en mars 2025 puis placé en résidence surveillée et des combats ont repris entre l’armée loyale à M. Kiir et les milices fidèles au vice-président déchu.
De nombreuses préalables aux élections prévues par l’accord, n’ont jamais été mis en œuvre : le Soudan du Sud n’a toujours pas de Constitution définitive, il n’a ni procédé à un recensement ni à l’enregistrement des électeurs.
AFP
