La Coupe du monde de la démesure a accouché d’une finale qui ne restera pas dans les annales, dimanche, sinon pour l’Espagne triomphante (1-0 a.p.) qui conquis sa deuxième étoile aux dépens de l’Argentine de Lionel Messi, passé lui à côté de son rendez-vous avec l’histoire.
. Viva Espana !
On attendait du beau jeu, des buts, des rebondissements, de l’émotion… en un mot, un condensé de ce qu’a offert durant plus de cinq semaines ce Mondial-2026, au format inédit avec 48 équipes en lice. Au final, c’est un 104e et dernier match longtemps cadenassé par des Argentins qui ne voulaient pas s’imposer en jouant mais en faisant déjouer l’adversaire, qui a souri à la Roja, ultra-dominatrice et bien plus méritante.
Comme Andres Iniesta en 2010 qui avait libéré l’Espagne lors de la prolongation d’une finale très heurtée face aux Pays-Bas, un autre enfant du Barça, Ferran Torres, a délivré la génération Rodri, désigné meilleur joueur du tournoi, en reprenant sous la transversale une remise de la tête de Nico Williams (106e), comme lui entré en jeu peu de temps auparavant.
« Ce n’est pas mon but, c’est celui de 47 millions de personnes », a assuré le héros du jour.
Cette action aura été une énième démonstration de la valeur du banc espagnol, plusieurs fois décisif durant l’épreuve, et qui a encore donné raison au sélectionneur Luis de la Fuentes, dans sa propension à répéter que « l’Espagne gagne à 26 ». Elle était plus en nombre sur l’estrade pour célébrer son sacre, avec le roi Felipe VI, après que Donald Trump et Gianni Infantino, sifflés par le public, ont remis le trophée au capitaine Rodri.
Comme prévu, les Espagnols ont contrôlé le match de la première à la dernière minute, s’évertuant autant à trouver la faille dans la défense de l’Albiceleste (20 tirs contre 2 seulement côté argentin, et encore en toute fin de match) qu’à ne pas céder aux nombreux coups en douce et aux provocations incessantes d’Argentins qui ont montré leur plus vil visage, longtemps heureux de bénéficier de la clémence de l’arbitre… jusqu’à l’exclusion d’Enzo Fernandez dans le temps additionnel (90e+4).
En infériorité numérique pendant toute la prolongation, sous les yeux de Tom Cruise en première ligne d’un parterre de stars dans les tribunes VIP, la mission devenait alors impossible pour Lionel Messi de réussir l’impensable, comme il l’avait fait plusieurs fois dans la compétition face au Cap-Vert, à l’Egypte, à la Suisse – aucun n’étant de la trempe espagnole.
A 39 ans, « la pulga » a été magnifique au-delà de toute espérance pour son sixième Mondial, ses 8 buts et 4 passes décisives l’ont hissé un peu plus haut dans le Panthéon du foot. Mais il a traversé cette troisième finale en quatre éditions comme un fantôme, échouant à ajouter une deuxième étoile à son palmarès et une quatrième à l’Argentine. Le public argentin lui a quand même crié son amour et Léo de verser quelques larmes. D’adieu à l’Albiceleste ?
Un scénario inverse aurait ravivé le débat sur le statut de meilleur joueur de tous les temps, mais il n’aura pas tout à fait gravi la montagne Pelé, même s’il occupe assurément une place à part par sa capacité à exceller dans la longévité.
. Un show loin du Super Bowl
« La plus grande scène du monde » promise par la Fifa, en guise de show de la mi-temps a duré comme prévu 11 minutes, mais la pause entre les deux périodes a au total duré 27 min 24 secondes, bien plus que le quart d’heure réglementaire.
Après le déploiement d’une bâche multicolore, nécessitant un temps d’adaptation pour les pupilles, truffée de message de paix en toutes les langues, avec en son centre un ballon orange et les continents esquissés, Madonna a lancé les hostilités au son de « Music », son tube datant de 2000. Les spectateurs l’ont à peine vue : elle est restée au bord du terrain, entourée de Ronaldinho et Ronaldo, qui ont malgré eux cruellement rappelé que le Brésil, éliminé en 8e de finale, regarde désespérément vers son glorieux passé.
Se sont succédé le groupe de K-pop sud-coréen BTS, le Canadien Justin Bieber, puis la star latina Shakira et le roi nigérian de l’Afrobeat Burna Boy, avec pour finir une chorale d’enfants new-yorkais accompagnée de Coldplay dont le leader Chris Martin a conçu le spectacle. On était bien loin des grands « halftime shows » du Super Bowl…
AFP