Les électeurs de Sao Tomé-et-Principe, petit Etat insulaire d’Afrique centrale, sont appelés à se rendre aux urnes dimanche pour élire leur président.
Ancienne colonie portugaise devenue un Etat indépendant en 1975, Sao Tomé-et-Principe est un archipel lusophone situé dans le golfe de Guinée d’environ 200.000 habitants, réputé pour sa production de cacao et de café.
Voici cinq choses à savoir sur ce pays.
1. « L’île chocola »
Le cacao est ancré dans l’histoire de Sao Tomé-et-Principe, l’île de Sao Tomé a ainsi été surnommée « l’île chocolat ». A la fin du 19e siècle, l’archipel était le premier producteur mondial avec près de 35 000 tonnes par an.
Sur les pentes d’un ancien volcan surplombant l’Atlantique, le cacao, issu d’anciennes plantes importées par les Portugais au 18e siècle, se développe dans une nature luxuriante. Le sol santoméen, fertile, ne nécessite ni engrais ni pesticides.
Mais après l’indépendance en 1975, « les Portugais sont partis avec leur savoir-faire, des épidémies ont attaqué le cacao et l’État a redistribué des terres à d’anciens employés sans aucun encadrement. La production s’est effondrée », a expliqué à l’AFP Maria Nazaré Ceita, historienne à l’université de Sao Tomé.
De même, Sao Tomé-et-Principe a été un haut-lieu de la culture du café et le demeure, avec une production moindre mais axée sur une qualité haut de gamme. La production de vanille et de poivre s’y est récemment développée.
2. Esclavage et colonisation
« Qui a montré ce long chemin ? Ce chemin jusqu’à São Tomé ? » s’interrogeait la célèbre chanteuse cap-verdienne Cesaria Evora dans son titre Sodade en 1992, en mémoire de ses compatriotes cap-verdiens amenés de force pour travailler dans les plantations santoméennes.
Les îles de Sao Tomé-et-Principe ont été colonisées par les Portugais dès la fin du XVe siècle. Elles furent le théâtre d’une traite extrêmement violente d’abord destinée à la culture intensive de canne à sucre puis de cacao et de café.
Des milliers d’hommes et de femmes originaires d’Afrique centrale sont asservis pour travailler dans les plantations. Selon des historiens, Sao Tomé-et-Principe a été une plaque tournante de la traite transatlantique : six millions de personnes auraient été déportées depuis l’île à cette époque.
Avec l’abolition de l’esclavage en 1876, des « contractuels » ont ensuite été amenés – souvent de force… – d’Angola, du Mozambique, du Cap Vert, du Gabon ou du Congo.
3. Plages paradisiaques et tourisme de luxe
Nature luxuriante, plages paradisiaques sur ces îles volcaniques où près de 600 espèces de plantes ont été recensées : le pays à tout d’un petit paradis.
Mais les infrastructures peu développées, les difficultés pour investir dans le secteur touristique et le prix du voyage sont des freins au développement du tourisme dans l’archipel. S’y rendre en saison sèche est un luxe : un aller-retour depuis Lisbonne coûte autour de 1.500 euros.
Un tourisme destiné à une clientèle fortunée s’y est donc développé : l’archipel compte ainsi plusieurs hôtels de luxe, dont trois 5 étoiles.
4. L’espoir du pétrole
Lancée au début des années 2000, l’exploration pétrolière suscite de nombreux espoirs dans le pays. Plusieurs compagnies internationales, dont le groupe français TotalEnergies en 2024 ou le brésilien Pétrobras en 2023, ont acquis des permis d’exploration offshore.
« La première production commerciale est attendue après 2030 », selon l’entreprise de lobbying dans le secteur énergétique African Energy Chamber, « sous réserves de découvertes fructueuses et d’un afflux continu d’investissements ».
5. Un modèle de démocratie en Afrique
Après les tentatives de coup d’Etat de 2003 et 2009, le régime parlementaire s’est stabilisé, et le pays s’est affirmé comme un modèle de démocratie parlementaire en Afrique. Une tentative de coup d’Etat, rapidement déjouée par l’armée, a néanmoins eu lieu en novembre 2022.
Depuis l’instauration du multipartisme en 1991 après 15 années d’un régime marxiste de parti unique, deux partis dominent la vie politique santoméenne et se disputent le pouvoir, l’Alternative démocratique indépendante (ADI, centre-droit), et le Mouvement de libération du Sao Tomé-et-Principe-Parti social-démocrate (MLSTP-PSD, centre gauche), issu de l’ancien parti unique.
AFP