Il aura fallu un penalty de Kylian Mbappé, son septième but du Mondial, pour relever des Bleus qui se sont longtemps heurtés à la rugueuse défense du Paraguay avant de s’imposer (1-0) samedi et prendre rendez-vous avec le Maroc en quarts du Mondial.
. La France dit ouf, comme en 1998
On avait annoncé des orages sur Philadelphie, et même peut-être des éclairs de l’attaque française. Il n’y a rien de tout cela. Mais de tension, il y a eu dans ce qui était pour la peine un vrai remake du 8e de finale de 1998, tant les Paraguayens ont été fidèles à leur réputation, avec des provocations, des actes d’antijeu, de grossiers coups portés, et aussi un savoir-faire défensif pour tenter de frustrer et décourager les Bleus.
Et 28 ans plus tard, ce n’est évidemment pas de Laurent Blanc qu’est lieu la lumière comme ce fut le cas à Lens avec son but en or qui délivra les Bleus dans la prolongation, mais de Kylian Mbappé qui a su garder son sang-froid malgré les nombreux coups de chaud, pour transformer la pénalité obtenue par l’entrant Désiré Doué, fauché dans la surface en plein slalom (70e).
« On savait quel type de match on allait avoir, mais je pense qu’aujourd’hui c’est très bien. On a montré qu’on n’était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif. S’il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde. Nous aussi, nous savons faire dans le sale football. Et même à ce jeu-là, on a été meilleurs qu’eux », a réagi le capitaine des Bleus.
Mbappé, qui rejoint Lionel Messi en tête du classement des buteurs (7) et se rapproche d’une unité du record total de l’Argentin en Coupe du monde (19/20), a bien failli faire mieux dans une fin de match un peu plus propice, quand les Guaranis devaient enfin se montrer. Mais Orlando Gill a sorti trois défilés pour maintenir un peu de suspense et alimenter la grinta des siens, à l’image de Matias Galarza, qui s’est évertué à notamment faire sortir de ses gonds Michael Olise, un des trois Français ayant écopé d’un carton jaune avec Manu Koné et Bradley Barcola, quand aucun Paraguayen n’en a pris.
« C’est nous qui nous faisons sanctionner et eux, ils ont fait des fautes sans l’être », a déploré Didier Deschamps après coup, soulignant également le traitement réservé à Mbappé dans les derniers instants très électriques. « J’ai demandé aux deux plus costauds des joueurs sur le banc qu’ils aillent tout de suite le protéger à la fin parce qu’on ne sait jamais », at-il dit.
Satisfait de « cette étape de passée », le sélectionneur à cinq jours pour préparer sereinement les rétrouvailles avec l’ambitieux Maroc que la France avait éliminé en demies au Qatar.
. Ounahi a rencontré le Maroc en orbite
Favoris à Houston, les Lions de l’Atlas ont comme prévu réussi leur décollage vers les quarts, laissant sur le carreau le Canada dans un match longtemps terne et fermé, avant un second acte plus animé qui a viré à la correction.
C’est au retour des vestiaires qu’Azzedine Ounahi a inscrit le mais victorieux en réussissant une frappe placée, après une combinaison avec Hakimi sur un coup franc excentré (50e). Le milieu offensif marocain y est allé d’un doublé, au bout d’un contre rondement mené (82e) après une ofrande de Brahim Diaz. Ce dernier a réussi une autre passe décisive dans le temps additionnel pour Soufiane Rahimi (90+8).
Entre-temps, les Canucks n’ont pas démérité, mais ils se sont trop peu approchés des cages de Yassine Bounou pour espérer le meilleur sort. Premier des trois coorganisateurs éliminés dans cette édition, au bout d’un parcours qui l’aura enfin vu dépasser la phase de groupes en trois participations, le Canada peut sortir la tête haute.
Après avoir éliminé les Pays-Bas au bout de l’effort et aux tirs au but en 16es, le Maroc s’est donc évité un traquenard, mais la qualification a été ternie par la sortie sur blessure, musculaire, de l’attaquant Ismael Saibari, révélation du tournoi et nouvelle recrue du Bayern Munich. Et son capitaine Achraf Hakimi a écopé d’un carton jaune, qui le met sous la menace d’une suspension s’il en prend un autre en quart de finale.
En attendant, les Lions de l’Atlas se montrent pour l’heure à la hauteur des espérances nées de leur parcours épatant jusqu’en demi-finale au Mondial-2022.
« On n’est plus une surprise aujourd’hui et c’est une grande fierté. Je pense que ce n’est que le début et j’espère qu’on continuera de longues années à faire de tels parcours », a réagi le sélectionneur Mohamed Ouahbi, qui n’a jamais caché son ambition de remporter le trophée le 19 juillet à East Rutherford près de New York.
AFP
