Ouganda : d’ex-employés portent plainte pour « torture » contre le leader africain de la moto électrique

Quatre anciens employés ougandais de la start-up Spiro, leader africain de la moto électrique, ont porté plainte pour torture et traitements inhumains et dégradants contre des cadres de l’entreprise en Ouganda, les accusant de les avoir violemment battus pour des fautes supposées.

Spiro estime à environ 100.000 le nombre de ses deux roues arpentant les routes africaines, assurant que sa croissance a été accélérée ces derniers mois par la guerre au Moyen-Orient.

Quatre Ougandais, alors employés de Spiro, affirment avoir été convoqués le 8 juin dans une salle du siège de l’entreprise à Kampala, où un groupe de cadres les a « frappés, roués de coups et fouettés », indique, dans sa plainte, consultée par l’AFP, l’Ordre des avocats d’Ouganda qui les défend, dénonçant « des « actes de torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants ».

« Les victimes ont subi des blessures, notamment des lacérations, contusions et traumatismes psychologiques », précise l’Ordre dans le document déposé auprès de la Commission ougandaise des droits de l’Homme.

Selon l’Ordre des avocats d’Ouganda, les cadres ont accusé ces employés de fraude dans l’utilisation des motos et batteries rechargeables de l’entreprise. Les employés affirment avoir été enfermés dans une pièce pendant plusieurs heures et contraintes de rédiger des aveux avant d’être licenciés.

Leur avocat, Jjumba Anthony assure qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. « Cela arrive souvent, mais les gens craignent de témoigner et de raconter leur histoire en raison des intimidations », a-t-il déclaré par téléphone à l’AFP.

L’un des plaignants, Sakari Aram, cité par l’Ordre des avocats, a affirmé que les cadres de Spiro faisaient régulièrement preuve de violence lorsqu’ils découvraient des incohérences dans les inventaires, ou que des batteries n’apparaissaient pas dans le système.

Selon la plainte, des cadres se sont rendus chez M. Aram, l’ont « battu, brutalisé et jeté dans l’un des deux véhicules de l’entreprise venus le chercher, avant de l’emmener » jusqu’à un poste de police, d’où il est ressorti le lendemain, sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre lui.

Une plaignante a raconté à l’Ordre des avocats avoir été emmenée de force dans une pièce où elle a vu des collègues ayant été apparemment battus – certains gisant inconscients – par des hommes « tenant des câbles électriques et des bâtons ».

Une vidéo partagée par l’avocat à l’AFP montre l’un des plaignants portant un t-shirt Spiro pendant que des individus lui hurlent dessus et le frappent à la tête.

Spiro a assuré à l’AFP appliquer « une politique de tolérance zéro à l’égard de la torture, du harcèlement et de toute autre violation des droits ». La start-up assure prendre ces allégations « très au sérieux », coopérer avec les autorités et avoir ouvert une enquête interne.

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