« Jamais vu ça en 40 ans de football »… Les spectateurs du match du Mondial à Philadelphie entre la France et l’Irak ont fait lundi contre mauvaise fortune bon coeur après son interruption du fait des orages, surprise toutefois par la rigueur du protocole.
Les partenaires de Kylian Mbappé, déjà buteur, menaient 1-0 quand les 70.000 spectateurs du Lincoln Financial Field ont été invités à se « mettre à l’abri » sous les parties couvertes du stade, alors Drew Fischer, l’arbitre canadien, venait de renvoyer les joueurs au vestiaire pour la mi-temps
En un gros quart d’heure, les coursives du « Linc » ont pris des airs de hall de gare un jour de grands départs en vacances.
« On ne sait pas trop quoi faire, on n’a pas tellement de consignes », regrette un Parisien qui n’a pas souhaité donner son nom. Ses deux fils et lui sont venus assister aux trois premiers matchs des Bleus au Mondial.
Aux États-Unis, une rencontre sportive est interrompue 30 minutes dès qu’un éclair frappe dans un rayon d’environ 15 kilomètres. Et chaque éclair supplémentaire déclenche une nouvelle pause d’une demi-heure.
Le trio se restaure, pas mécontent de pouvoir « sécher » un peu après avoir été surpris par des trombes d’eau juste avant la mi-temps.
« Je me demande dans quel état psychologique sont les joueurs », tente l’un des deux garçons, habitué du Parc des Princes à Paris, et encore dans son match. « Moi, je me demande quand ça va reprendre », répond son père. « Je n’ai jamais vu ça en 40 ans de football. En France, on n’arrête pas un match pour de la pluie ».
– « A 400 dollars la place, je reste » –
Assis sur des marches, les yeux sur son téléphone, Antoine Chouraqui, aux États-Unis depuis dix ans, ne semble pas surpris. « L’été il ya des orages. Les gens font avec. Je n’ai jamais dû évacuer un stade, mais je joue au tennis et il arrive fréquemment qu’en plein match l’alarme annonçant des éclairs sonne et qu’il faille quitter le terrain ».
La Coupe du monde des clubs, qui a servi l’an passé de répétition générale au Mondial, a vu six matches retardés par des conditions météorologiques extrêmes, dont le 8e de finale Chelsea-Benfica à Charlotte, arrêté pendant 4h30. Un phénomène qui, selon les scientifiques, pourrait devenir de plus en plus fréquent à mesure que les gaz à effet de serre continuent de réchauffer la planète.
A Philadelphie, tout le monde prend néanmoins son mal en patience. Les parents laissent leurs enfants faire quelques passes avec un ballon au milieu d’autres spectateurs qui en profitent pour faire une petite sieste, le temps d’avoir quelques informations sur la reprise de la rencontre.
Certains achètent à boire et à manger, d’autres dépensent leurs dollars en maillots, écharpes et autres produits dérivés dans les boutiques officielles.
Pas question de quitter l’enceinte. « Ca m’est déjà arrivé à partir d’une rencontre de MLS interrompue », explique Axel Françon, installé depuis quatre ans dans le Colorado. « Mais là, à 400 dollars la place, je reste ».
Pierre Prondeau et Morgane Granger aussi, « après avoir fait 6.000 kilomètres », pour assister aux deux premiers matchs des Bleus lors du Mondial. « On fait contre mauvaise fortune, bon cœur, mais il ne devrait pas que le match soit rapporté, parce qu’on ne pourra pas changer notre billet de retour ».
Le couple hébergé par la famille à Philadelphie avec le sourire. Il a cru entendre que « le match devrait reprendre à 19h00 heure locale ». La rencontre n’a finalement repris qu’à 20h00 après plus de deux heures d’interruption.
AFP
