Un ancien employé des foyers Sonacotra, où logeaient des familles de travailleurs immigrés, sera jugé à Paris pour avoir violé des enfants dans les années 1990. L’homme, âgé de 81 ans, nie et dénonce un « dossier monté » par les parties civiles.
La Sonacotra (aujourd’hui Adoma) a été créée en 1956 par les pouvoirs publics pour résorber les bidonvilles et accueillir des travailleurs. La structure s’est développée en créant des foyers partout en France.
Marcel H. a travaillé de 1971 à 2006.
L’homme, aujourd’hui retraité, devra répondre devant la cour criminelle départementale des violations et agressions sexuelles sur mineurs, perpétrés entre 1991 et 1997, à Paris, Vincennes et ailleurs en Île-de-France.
« Les faits étant vigoureusement contestés, nous interjetons appel, bien entendu », a réagi auprès de l’Afp son avocat, Jérôme Goudard.
L’affaire a commencé par une première plainte, en 2021.
La femme expliquait avoir, entre ses neuf ans et 11 ans, été en contact régulier avec Marcel H., chargé d’encaisser les loyers de l’immeuble du XIXe arrondissement où elle vivait avec sa famille.
« Ma cliente n’a jamais oublié l’homme qui lui a volé son innocence », a réagi vendredi le conseil de cette plaignante, Moad Nefati, demandant un procès programmé « dans les meilleurs délais ». « L’urgence est réelle », a-t-il insisté, l’accusé ayant 81 ans.
La soeur et le frère de cette première plaignante ont aussi dénoncé des viols. Puis les enquêteurs ont remonté la piste d’autres familles ayant côtoyé Marcel H.
Au total, l’accusation a identifié six victimes.


