Le président de l’université parisienne Sorbonne Nouvelle a annoncé lundi qu’il mettrait « un terme à ses fonctions » le 11 décembre, reconnaissant une perte de « confiance » depuis qu’il a demandé « l’intervention des forces de l’ordre pour évacuer » le campus Nation début octobre, selon un mail consulté par l’Afp.
« J’en suis sincèrement désolé », poursuit-il, ajoutant prendre « pleinement la mesure de la forte fragilisation de la confiance induite par ces événements et du fait qu’elle appelle un acte politique ».
Il souhaite néanmoins ne pas « compromettre les échéances budgétaires ». « Pour toutes ces raisons, l’ensemble de l’équipe présidentielle mettra un terme à ses fonctions à l’issue de la présentation du budget au Conseil d’administration le 11 décembre », conclut-il. Depuis l’intensification de la contestation lycéenne début octobre, des étudiants se sont mobilisés dans de nombreuses universités, parfois en bloquant les campus ou en occupant des bâtiments.
Le lundi 5 octobre, à l’issue d’une assemblée générale tenue à l’intérieur du campus Nation, par des lycéens et étudiants pour débattre des actions envisagées, le président de l’université a demandé aux forces de l’ordre d’intervenir, ce qui a ému la communauté universitaire.
La CGT Ferc Sup a rappelé que « ce genre d’intrusion piétine près d’un millénaire de traditions d’indépendance universitaire » et les étudiants de la faculté mobilisés ont écrit une lettre ouverte jeudi, exigeant la démission du président et des « excuses publiques ».
« Les cours qui avaient continué à se dérouler durant notre assemblée générale ont été interrompus subitement. Les personnels et étudiants ont été évacués de force, certains nassés dans le hall et d’autres expulsés de l’université », ont-ils rapporté, dénonçant la « violence » de l’intervention. « L’université est censée être un lieu de débat, ouvert, où on peut se mobiliser en sécurité », a souligné auprès de l’Afp Anne-Edith Fraisseix, secrétaire générale de l’Unef Sorbonne Nouvelle.
Le président de l’université a redit lundi à l’Afp qu’appeler les forces de l’ordre avait été une décision « difficile à prendre », « motivée par le vote par l’assemblée générale d’une occupation du campus, et l’entrée de nombreuses personnes extérieures à l’établissement ».
« Après avoir essayé de proposer des solutions comme la mise à disposition d’un amphithéâtre, il ne restait qu’une décision à prendre, c’était celle-là, pour la sécurité des personnes », a ajouté Daniel Mouchard-Zay. « Il n’a jamais été question d’interdire l’expression légitime des revendications ». Le campus de Nation est fermé administrativement depuis le 5 octobre, et devrait rouvrir aux étudiants mardi.