Mohamed Sanhadji, ex-policier et responsable sécurité de l’équipe de France mis en examen pour corruption, fait l’objet d’une « demande d’entretien préalable » auprès de la Fédération française de football, a indiqué jeudi son président Philippe Diallo.
« On n’est jamais heureux que quelqu’un qui a contribué à la sécurité de l’équipe de France se retrouve aujourd’hui dans une situation plus délicate », a-t-il ajouté, justifiant la mise à pied conservatoire qui permet désormais à M. Sanhadji de « se défendre devant la justice, et que la Fédération et l’équipe de France soient préservées de tous les tumultes judiciaires ».
La justice reproche à Mohamed Sanhadji d’avoir touché plusieurs versements de joueurs en échange de services rendus, alors même qu’il était fonctionnaire de police. Le 16 septembre, il a été mis en examen notamment pour corruption de personne dépositaire de l’autorité publique.
Un don de 60.300 euros de la part de Kylian Mbappé est à l’origine de cette enquête. Dans la foulée de ce versement provenant de la prime du Mondial-2022, il s’est rendu au Cameroun pour organiser la sécurité de l’attaquant des Bleus lors d’un séjour privé.
Ce « don d’usage » avait été signalé par un banquier à Tracfin, la cellule de renseignement financier de Bercy, en juillet 2024, déclenchant l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Policier chargé de la sécurité de l’équipe de France de 2004 à décembre 2025, Mohamed Sanhadji avait dû prendre sa retraite anticipée de la police nationale, sanctionné après avoir reçu ce gros chèque en 2023, sans en avoir prévenu sa hiérarchie.
Malgré cette sanction disciplinaire, la Fff avait décidé de le maintenir en poste. « Nous étions à six mois de la Coupe du monde et un consensus s’est créé autour de l’idée qu’à proximité d’une échéance aussi importante, le commandant (M. Sanhadji) puisse poursuivre ses activités, considérant qu’il était désormais à la retraite du ministère de l’intérieur et que la présomption d’innocence devait prévaloir », a expliqué le président de la « 3F ».
Lorsque Zinédine Zidane a succédé à Didier Deschamps cet été, il a « souhaité poursuivre » avec M. Sanhadji, a continué Philippe Diallo qui lui a fait signer un Cdi, considérant que « les procédures judiciaires n’avaient pas donné lieu à une quelconque décision », et que la « présomption d’innocence devait encore s’appliquer ».
La Fédération est en lien avec le ministre de l’Intérieur pour désigner le prochain responsable sécurité des Bleus.
AFP


