Mobilisation lycéenne en France : reprise des blocages, Macron appelle au calme

A la veille d’une nouvelle mobilisation des lycéens en France, pour laquelle Emmanuel Macron a appelé au calme, des blocages persistants dans plusieurs établissements lundi, avec au moins huit fonctionnaires blessés, a déploré le gouvernement, dénonçant une intensification des violences.

Depuis le 17 septembre et le début de cette mobilisation à six mois de l’élection présidentielle, les lycéens réclament de meilleures conditions d’apprentissage, une rénovation des bâtiments et la suppression de la sélection par la plateforme d’orientation Parcoursup.

Sans qu’aucun lien ne soit pour le moment constaté avec le mouvement lycéen, un adolescent a ouvert le feu au fusil de chasse lundi, bénissant le principal et une enseignante d’un collège à Aubagne, près de Marseille (sud), avant d’être désarmé. Les ministres de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, et de l’Intérieur, Laurent Nunez, sont attendus sur place.

« Un acte inadmissible », a déclaré sur X Édouard Geffray, témoignant, selon lui, « du développement d’une violence débridée dans notre société ».

Emmanuel Macron a salué le « sang-froid et la réaction exemplaire de l’équipe éducative », « qui a permis d’éviter le pire ».

Concernant le mouvement lycéen, 96,5 % des établissements étaient ouverts lundi matin avec 130 établissements fermés, contre 172 vendredi. « Le mouvement recule donc nettement (…) avec des foyers de perturbation désormais plus circonscrits », affirme le ministère qui ne communique toutefois pas sur le nombre d’établissements dont l’activité est perturbée par des blocages.

« Si les fermetures d’établissements reculent, les violences s’intensifient », selon la même source. « Au moins huit personnels de l’Éducation nationale ont été blessés » lundi matin.

 

Une « convergence » est-elle possible ?

À Reims (nord-est), deux agents d’accueil d’un lycée ont par ailleurs été blessés par des tirs de mortiers d’artifice mais aussi un fonctionnaire en banlieue parisienne. Tout comme un policier devant un lycée à Marseille, victime d’un tir de mortier d’artifice selon la préfecture.

La mobilisation doit se faire « dans le calme, dans l’ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens », a demandé, en marge du Salon de l’Automobile, le président de la République, Emmanuel Macron, dont la parole est rare depuis le début du mouvement lycéen lancé mi-septembre avant de s’étendre partout en France.

Dans plusieurs grandes villes, des établissements sont encore bloqués ou perturbés : en région parisienne, qui recense près de 80 lycées perturbés, un proviseur, un parent d’élève et un agent ont été blessés lundi matin.

A Rennes, dans l’ouest de la France, où une dizaine d’établissements sont perturbés comme le lycée Joliot-Curie, Naïla, 17 ans, veut se manifester mardi.

A Marseille, plusieurs établissements sont bloqués, très majoritairement dans le calme. Dans un quartier aisé du centre, quelques dizaines d’élèves, assis devant les grilles fermées du lycée Périer témoignent : « On est solidaires des lycées moins bien lotis », lance Emeline, 16 ans, élève en première.

Selon la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, « le déploiement (des remplaçants, ndlr) a commencé » et « l’objectif, c’est d’optimiser l’organisation de ces remplacements ».

 

– « Déconnectée » –

M. Geffray avait promis jeudi soir que 3.000 professeurs remplaçants seraient tous déployés en urgence dans les lycées où la situation est la plus critique.

Une annonce « assez déconnectée des réalités du terrain » alors que certains enseignants « ont été appelés pour faire un remplacement dans une autre discipline que la leur », a rapporté sur France 2 Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-Fsu, premier syndicat des collèges et des lycées.

Après avoir privilégié une réponse de maintien de l’ordre face à la multiplication de scènes de violence et d’affrontements – un mineur a notamment eu une principale arrachée – le gouvernement a progressivement commencé à présenter des réponses plus politiques, sans toutefois convaincre les organisations lycéennes.

Le gouvernement a annoncé dimanche que près des trois quarts des contributions à la plateforme de concertation lancée par le gouvernement à l’adresse des lycéens font état d’emplois du temps surchargés et la moitié citent des problèmes de bâtiments.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a indiqué que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour 2027 qui reprendront « certaines propositions formulées » sur la plateforme.

« Ça n’est pas avec des annonces cosmétiques » que le gouvernement « va répondre à une colère de cette profondeur », a déclaré lundi sur Lci Sophie Binet, la secrétaire générale du puissant syndicat Cgt.

L’Union syndicale des lycéens, qui appelle à la nouvelle mobilisation nationale mardi, évoque « des miettes » depuis jeudi, exigeant toujours la suppression de Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées.

En raison des événements à Aubagne, la réunion entre le ministre de l’Éducation nationale et les lycéens prévue lundi après-midi a été rapportée.

AFP

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