Le Sénégal ambitionne de réduire d’au moins 25 % la mortalité liée au cancer à l’horizon 2029, à travers le renforcement de la prévention, du dépistage, du diagnostic précoce et de la prise en charge, a déclaré, vendredi, Abdallah Wade, représentant du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.
‘’Cet objectif [de réduire d’au moins 25 % la mortalité liée au cancer d’ici à 2029] s’inscrit dans le cadre du Plan national de lutte contre le cancer 2025-2029’’, a-t-il indiqué.
M. Wade s’exprimait lors de l’ouverture du 5e Congrès national et du 4e Congrès international de la Société sénégalaise de colposcopie et de pathologie liée au papillomavirus (SSPP).
Placée sous le thème ‘’Sur la route de l’accélération de l’élimination du cancer du col de l’utérus’’, cette rencontre scientifique constitue, selon lui, un cadre de partage d’expériences, de formation et d’innovation pour renforcer les stratégies nationales de lutte contre cette maladie.
‘’Notre responsabilité est de transformer les progrès scientifiques en bénéfices réels, dans un contexte d’équité pour toutes les femmes’’, a-t-il déclaré dans ce sens, estimant que l’élimination de cette maladie nécessite une “action coordonnée à toutes les étapes”, de la vaccination à la prise en charge des cancers invasifs.
Le représentant du ministère a rappelé que la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) a été introduite dans le Programme élargi de vaccination (PEV) depuis 2018, tandis que le dépistage des lésions précancéreuses est progressivement intégré à l’offre de soins.
‘’Notre véritable réussite ne sera pas seulement de disposer de vaccins, de tests ou de compétences. Elle sera de faire en sorte qu’une fille soit vaccinée, qu’une femme soit dépistée, qu’une lésion précancéreuse soit traitée à temps et qu’aucune femme ne soit perdue dans son parcours de soins’’, a-t-il affirmé.
Abdallah Wade a également mis l’accent sur les inégalités d’accès aux soins, appelant à mieux prendre en compte les obstacles économiques, sociaux, culturels et géographiques auxquels sont confrontées les femmes vivant notamment dans les zones difficiles d’accès.
Il a, dans ce sens, plaidé pour une mobilisation renouvelée des secteurs de la santé, de l’éducation, des médias et des communautés, ainsi que pour une lutte accrue contre les fausses informations et les hésitations vaccinales.
Le représentant du ministère de la Santé a souligné que l’élimination du cancer du col de l’utérus ne saurait être portée par un seul acteur, appelant à une collaboration renforcée entre l’État, les professionnels de santé, les sociétés savantes, les chercheurs, les partenaires techniques et financiers et la société civile.
‘’Notre défi n’est plus de savoir ce qu’il faut faire. Notre défi est d’aller plus vite et d’aller plus loin’’, a déclaré, pour sa part, Dr Madjiguène Ba, représentante de la Société sénégalaise de colposcopie, à l’occasion du 5e Congrès national et du 4e Congrès international de cette société savante.
Pour accélérer les progrès, elle a dit avoir identifié trois priorités, notamment l’intensification de la vaccination contre le HPV, l’amélioration de l’accessibilité du dépistage et la garantie d’un continuum de soins permettant aux femmes dépistées positives d’être rapidement diagnostiquées, orientées et traitées.
APS

