Sénégal : Direction générale de l’Enseignement supérieur (DGES) a enregistré la démission de cinq directeurs.

Le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) traverse une situation inédite dans l’histoire politique du Sénégal.

Au moment où ces lignes sont accessibles aux différents acteurs de l’écosystème universitaire et à l’opinion publique, la Direction générale de l’Enseignement supérieur (DGES) a enregistré lundi 13 juillet la démission de cinq directeurs . Il s’agit des professeurs Abdoul Aziz Diouf (Directeur général de l’Enseignement supérieur), Babou Diene (Directeur de l’Enseignement supérieur public), Mame Penda Ba (Directrice du Financement des Etablissements d’enseignement supérieur), El Hadji Omar Thiam (Directeur des Etudes et de la Coopération), El Hadji Samba Ndiaye (Directeur des Affaires académiques et Juridiques).

« Nos démissions prennent appui sur des désaccords profonds avec l’actuel Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sur sa vision des politiques publiques en cours dans notre sous-secteur », écrit dans un communiqué ces démissionnaires.

Il en est ainsi du projet Espoir-Jeunes (123 milliards FCFA), du programme « un étudiant, un ordinateur » doté d’un financement public d’un montant de six milliards par an et des projets de décrets relatifs aux allocations d’études (bourses d’étudiants), aux amicales d’étudiants…

Ainsi au cœur de ces désaccords se trouve le devenir du projet ESPOIR-Jeunes.  » Conçu pour offrir un enseignement supérieur professionnel d’excellence, une alternative concrète à un système généraliste à bout de souffle, ce projet porte une ambition stratégique qui se trouve aujourd’hui minorée par de nouveaux choix », explique le communiqué.

Pourtant, ce projet soutient des infrastructures stratégiques : la construction de huit (08) ISEP à Bignona, Kédougou, Kolda, Koungheul, Louga, Richard-Toll, Sédhiou et Tambacounda, dont les travaux entrent aujourd’hui dans une phase décisive. ESPOIR-Jeunes intègre également l’extension de l’ISEP de Diamniadio et la réalisation de huit crèches au bénéfice des établissements d’enseignement supérieur, et permet le financement des Contrats de performance, seule source structurée d’investissement dont disposent aujourd’hui nos universités.

Ce dispositif prend ainsi en charge la transformation numérique des établissements, l’insertion professionnelle des étudiants et le renforcement de la qualité des formations.

A cela s’ajoutent le financement de la recherche à impact, à travers un fonds compétitif dédié dont la première édition, en 2026, a permis le lancement de cinquante (50) projets pour un montant de trois (03) milliards de francs CFA, ainsi que la mise en place de bibliothèques numériques, le soutien à la professionnalisation des revues et des presses universitaires et le renforcement des missions de la CINERI.

Par l’ensemble de ses leviers, ESPOIR-Jeunes s’impose comme un instrument central pour atteindre les ambitions de refondation de notre écosystème d’enseignement supérieur et de recherche. « Or tous ces chantiers, adossés à des mois de travail et à des résultats concrets, se trouvent aujourd’hui mis en péril par des orientations nouvelles qui en contredisent la lettre et l’esprit », souligne le texte signé par les démissionnaires.

Selon le communiqué, il en va de même du programme « un étudiant, un ordinateur » qui, après près d’une décennie de fonctionnement hors du cadre légal de la commande publique, s’engageait enfin dans une refondation transparente et souveraine à travers la mise en place d’unités d’assemblage d’ordinateurs au sein des universités, gage d’autonomie technologique, d’accès universel des étudiants à l’outil numérique et de régularité dans la gestion des ressources publiques.

 » Notre présence à la DGES était mue par le souci d’inscrire l’université sénégalaise dans une nouvelle temporalité décoloniale en permettant à l’Etat d’être pleinement souverain des politiques publiques devant régir l’écosystème public et privé de l’enseignement supérieur. La refondation sans concession de l’université sénégalaise a été notre boussole pendant notre mission à la DGES », ont déclaré les signataires de ce communiqué.

En témoignent le récent rapport de l’ANTESRI (Agenda national de Transformation de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation) avec ses soixante-quinze (75) recommandations et les trente-quatre (34) projets de lois, de décrets et d’arrêtés élaborés avant la nomination du Ministre Boubacar CAMARA, qui devaient servir de cadre normatif à la refondation du monde académique sénégalais.

 » A la clôture de ce texte nous exprimons tous nos remerciements au personnel très dévoué de la DGES et à toute l’administration du MESRI. Nos remerciements vont également à toute la communauté universitaire (enseignants-chercheurs, chercheurs, personnel administratif, technique et de service, étudiants) et à tous nos partenaires externes », font remarquer ces universitaires.

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