Les forces de sécurité nigérianes ont subi des « pertes » lors de l’opération de sauvetage de plus de 40 écoliers enlevés, a annoncé samedi l’armée, à l’issue d’une opération qui a mis fin à une grave crise sécuritaire dans le sud-ouest du pays.
L’opération de sauvetage de ces écoliers retenus en captivité depuis près de deux mois avait été « soigneusement planifiée », « cependant, les forces de sécurité ont subi quelques pertes », a admis l’armée, sans donner plus de détails.
Des hommes armés, que l’armée nigériane a accusés d’être des jihadistes de Boko Haram, avaient enlevé 46 élèves et membres du personnel de trois écoles dans l’Etat d’Oyo, dans le sud-ouest du pays, le 15 mai. L’attaque avait fait craindre une propagation des violences jihadistes dans le sud-ouest du Nigeria.
Le président Bola Tinubu a accusé des militants d’Ansaru, une faction dissidente de Boko Haram connue pour opérer dans le centre du Nigeria et dont les activités s’étendent jusqu’au sud-ouest.
« J’ai failli fondre en larmes hier quand je les ai vus. C’était une véritable torture mentale », a déclaré à l’AFP Abdulfatai Buhari, sénateur de l’État d’Oyo, confirmant que parmi les enfants enlevés se trouvaient des enfants âgés de deux et trois ans.
Le raid mené par les ravisseurs contre des écoles d’Esiele et Yawota, deux communautés agraires situées en bordure du vaste parc national d’Old Oyo, était rapidement devenu un sujet brûlant, suscitant des manifestations, une grève d’un mois des enseignants de l’Etat et des condamnations rétentives à l’international.
Le ministre de la Défense, Christopher Musa, avait accusé la semaine dernière les ravisseurs d’avoir tenté d’utiliser les jeunes kidnappés comme « moyen de pression » auprès du gouvernement nigérian, qui détient certains de leurs commandants. M. Musa a précisé que les ravisseurs avaient menacé de tuer leurs otages si les forces de sécurité intervenaient.
L’armée a assuré que l’opération avait permis de démanteler plusieurs réparations du groupe dans les forêts du parc national d’Old Oyo. Et plusieurs arrestations effectuées à travers le pays « ont complètement désorganisé le groupe », le conduisant à « libérer sans condition » les élèves et les enseignants, selon l’armée.
Les élèves sont actuellement pris en charge dans un centre médical situé au sein d’une base militaire nigériane à Ibadan.
Le sud-ouest du Nigeria a longtemps été considéré comme l’une des régions les plus sûres d’un pays en proie à de multiples crises sécuritaires.
Les enlèvements contre rançon constituent un défi permanent pour les autorités dans les régions instables du nord du Nigeria. Mais les enlèvements de masse ont été rares dans le sud du pays. Les autorités ont assuré qu’il n’y avait eu « aucune contrepartie » au sauvetage.
Plus de 40 autres écoliers, dont certains n’avaient que deux ans, avaient été enlevés de leurs établissements dans le nord-est de l’Etat de Borno le même jour que l’enlèvement d’Oyo. Ils sont toujours en captivité.
Boko Haram utilise depuis longtemps les enlèvements de masse dans des établissements scolaires comme instrument de terreur, notamment en avril 2014, lorsque le groupe jihadiste avait enlevé 276 lycéennes dans un établissement de Chibok, dans le nord-est de l’État de Borno.
Une série d’enlèvements de masse survenus fin 2025, notamment le rapt d’une vingtaine d’écolières dans l’État de Kebbi et celui d’environ 300 élèves et de plusieurs enseignants dans l’Etat du Niger, a de nouveau attiré l’attention internationale sur l’insécurité au Nigeria.
AFP
