Des dizaines d’élèves enlevés lors d’une rare attaque dans le sud-ouest du Nigeria en mai, il y a 56 jours, ont été libérés, a annoncé vendredi le porte-parole de la présidence.
Le raid mené par les ravisseurs contre des écoles d’Esiele et Yawota, deux communautés agraires situées en bordure du vaste parc national d’Old Oyo, est rapidement devenu un sujet brûlant, suscitant des manifestations, une grève d’un mois des enseignants de l’Etat et des condamnations retentissantes à l’international.
« Je suis profondément heureux que nos forces de sécurité aient réussi aujourd’hui à secourir les élèves et les enseignants enlevés à Orire, dans la région d’Ogbomoso de l’Etat d’Oyo, à l’issue d’une opération conjointe de l’armée, de la police et des services de renseignement ayant permis de neutraliser certains des terroristes ayant perpétré cet acte odieux et d’en arrêter huit autres », a déclaré le président Bola Tinubu dans un communiqué.
Son porte-parole Bayo Onanuga avait annoncé la nouvelle dans une publication sur X accompagnée de photos de certains des enfants. Le sud-ouest du Nigeria a longtemps été considéré comme l’une des régions les plus sures d’un pays en proie à de multiples crises sécuritaires.
Les enlèvements contre rançon constituent un défi permanent pour les autorités dans les régions instables du nord du Nigeria. Mais les enlèvements de masse ont été rares dans le sud du pays. L’Etat d’Oyo est l’un des plus peuplés du Nigeria et a pour capitale Ibadan, un pôle majeur pour l’éducation dans le pays.
M. Onanuga a indiqué que les « terroristes » avaient exigé la libération de l’un de leurs membres, actuellement poursuivi par les autorités.
– « Aucune contrepartie » –
L’une des enseignantes a remercié M. Tinubu dans une vidéo partagée par le porte-parole du président, déclarant: « Nous comprenons votre engagement envers notre sécurité et nous apprécions tout ce que vous avez fait pour nous. » « Les agents de sécurité (…) ont fait de leur mieux, et c’est grâce à cela que nous sommes encore en vie aujourd’hui », a-t-elle ajouté.
Le ministre de la Défense Christopher Musa avait expliqué cette semaine que les ravisseurs essayaient d’utiliser leurs captifs comme moyen de pression sur le gouvernement nigérian, qui détient certains de leurs commandants. Les ravisseurs ont menacé de tuer leurs otages si les forces de sécurité intervenaient contre eux, avait dit M. Musa.
Les circonstances exactes de la libération des élèves et enseignants restent floues, mais M. Onanuga a assuré qu’il n’y avait eu « aucune contrepartie » au sauvetage. « Notre priorité est désormais de garantir qu’ils retrouvent leurs familles » et de « soutenir leur réhabilitation », a réagi le gouverneur de l’Etat d’Oyo, Seyi Makinde.
Plus de 40 autres écoliers, dont certains n’avaient que deux ans, avaient été enlevés de leurs établissements dans le nord-est de l’Etat de Borno le même jour que l’enlèvement d’Oyo. Ils sont toujours en captivité.
Boko Haram utilise depuis longtemps les enlèvements de masse dans des établissements scolaires comme instrument de terreur, notamment en avril 2014, lorsque le groupe jihadiste avait enlevé 276 lycéennes dans un établissement de Chibok, dans le nord-est de l’Etat de Borno.
Une série d’enlèvements de masse survenus fin 2025, notamment le rapt d’une vingtaine d’écolières dans l’État de Kebbi et celui d’environ 300 élèves et de plusieurs enseignants dans l’Etat du Niger, a de nouveau attiré l’attention internationale sur l’insécurité au Nigeria.
AFP
