Les polices du Kenya et de Tanzanie déployées en masse ont dissuadé toute protestation mardi, journées de commémorations différentes dans les deux pays, illustrant une tendance croissante à étouffer toute expression de contestation en Afrique de l’Est.
Les deux pays ont chacun réprimé des protestations dans le sang ces dernières années.
Le 7 juillet, lors de la Journée de Saba Saba (07/07 en swahili), les Kényans commémorent une manifestation en faveur du multipartisme, organisée le 7 juillet 1990. Elle avait rassemblé des milliers de personnes malgré une interdiction et fut sévèrement réprimée, mais a contraint deux ans plus tard le président Daniel arap Moi (1978-2002) à renoncer au monopartisme.
En Tanzanie, le Saba Saba, jour férié, marque l’anniversaire de la création en 1954, par Julius Nyerere, de l’Union nationale africaine du Tanganyka (Tanu), parti qui allait conduire à l’indépendance la partie continentale du pays.
Dans le centre de Nairobi, dont l’accès mardi était filtré par des barrages de forces de l’ordre, la police kenyane a embarqué plusieurs membres d’un petit groupe parvenu à se rassembler dans le centre de la capitale, malgré l’interdiction annoncée de toute manifestation.
Le 25 juin, un déploiement massif de la police avait déjà empêché les manifestants de se rassembler dans le centre de Nairobi et ailleurs au Kenya, pour commémorer le 2e anniversaire de la sanglante répression en 2024 d’une contestation ayant profondément marqué le pays.
AFP