Une personne a été tuée et deux blessées mardi à Nairobi après que la police a ouvert le feu contre des manifestants dans un quartier pauvre de la capitale kényane, a constaté un photographe de l’AFP.
Des habitants du quartier de Mathare défilaient pour protester contre le récent enlèvement de deux d’entre eux par les forces de sécurité, à l’approche du second anniversaire de la sanglante répression d’un mouvement de contestation inédit au Kenya.
Des images et des vidéos partagées sur les réseaux sociaux montrent des affrontements mardi entre de petits groupes et les forces de l’ordre utilisant des gaz lacrymogènes.
Des défenseurs des droits humains avaient annoncé leur intention de défiler « pacifiquement » pour exiger la libération de Maxwell Kiarie, surnommé « Maxi », et d’Abdulaziz « Zizou » Molu, deux militants « enlevés dans des circonstances troubles » respectivement les 20 et 23 juin.
« Cette action souligne l’inquiétude croissante face aux disparitions forcées et l’urgente nécessité que les autorités (y) mettent fin », avaient-il indiqué dans un communiqué.
Jeudi dernier, un déploiement massif de la police et de multiples barrages routiers avaient empêché les manifestants de se rassembler à Nairobi et ailleurs au Kenya pour commémorer le 2e anniversaire de la sanglante répression de juin 2024.
Seuls quelques dizaines de protestataires avaient réussi à rejoindre les rues du centre de Nairobi, placé en état de siège.
Selon Amnesty International, six d’entre eux avaient été arrêtés, avant d’être portés disparus et retrouvés 48 heures plus tard abandonnés au bord d’une route. Un septième, Davis Lichuma, autre militant de Mathare, a été retrouvé dimanche, en état de choc, par sa famille dans un hôpital de Nairobi. Sa photo dans un lit d’hôpital s’affiche à la une de la presse kényane.
Des défenseurs des droits humains affirment que ces militants ont été enlevés par les forces de sécurité. Les intéressés indiquent avoir été emmenés dans des endroits inconnus et sévèrement battus. La loi kényane oblige la police à déférer devant un tribunal sous 24 heures toute personne détenue.
Selon des groupes de défense des droits humains, plus de 80 personnes ont été enlevées par les forces de sécurité pendant et après les manifestations de 2024, dont des dizaines sont toujours portées disparues.
En juin 2025, une autre contestation avait été à nouveau la cible d’une répression meurtrière