« La première fois que nous sommes venus, mon fils et moi nous sommes déshydratés dans la file d’attente pour rentrer en Uber jusqu’à chez nous », à une heure environ, explique le père, Adam, 37 ans.
« Alors cette fois, on a mis les vélos à l’arrière de notre pick-up, on s’est garé gratuitement sur le parking d’un restaurant et on a fait les 20 dernières minutes à bicyclette. »
Comme en Russie en 2018 et au Qatar en 2022, les Etats-Unis s’étaient dans un premier temps engagés à rendre les transports gratuits.
Mais, en raison des « difficultés financières » rencontrées par les villes hôtes, il a finalement été convenu que les spectateurs se déplaceraient « à prix coûteux », a indiqué la Fifa.
L’option la moins chère proposée par les organisateurs pour rallier le MetLife Stadium, au cœur d’un complexe sportif isolé dans le New Jersey, à une vingtaine de kilomètres de Manhattan : des bus affrétés par le comité local d’organisation.
Au prix de 20 dollars l’aller-retour, ils font le plein ou presque, selon les chiffres communiqués à l’AFP.
En revanche, les trains spéciaux à destination de l’enceinte de 80.000 places ne transportent qu’entre 20.000 et 25.000 personnes par match, sur une capacité de 40.000, selon la régie des transports du New Jersey, NJ Transit.
– « Beaucoup d’argent » –
En cause, notamment, leur prix de 98 dollars l’aller-retour (contre 12,90 en temps normal), abondamment exprimé par les spectateurs de la Coupe du monde la plus chère de l’histoire.
Les autorités du New Jersey ont expliqué cette majoration, qualifiée d' »arbitraire » par la Fifa, par les coûts supplémentaires liés à la mise en service et à la sécurisation de ces trains dédiés.
Mais « on ne devrait pas gonfler les prix pour des transports en commun », ne décolère pas Kelly Wakeman, Américaine de 44 ans. « C’est beaucoup d’argent, surtout pour des gens qui viennent de l’étranger ».
Elle a fait le trajet en voiture depuis chez elle, dans l’Etat voisin de Pennsylvanie. Et déplorer la quasi-absence de places de parking au stade, alors même que l’automobile est le moyen de transport le plus répandu au quotidien dans le pays.
Sur le web, cette supportrice a trouvé un particulier chez qui se garer à un peu plus de 3 kilomètres de l’enceinte sportive, pour 65 dollars, et a terminé le trajet à pied.
Une stratégie qui revient régulièrement sur les réseaux sociaux et les forums de supporters, adoptée également par la famille Lescaud, originaire de Pau en France, garée à 40 minutes de marche pour 50 dollars.
Jérôme Maurice, Franco-Canadien de 39 ans, est lui venu en voiture depuis Montréal jusqu’à une petite ville voisine dans laquelle le stationnement ne coûte qu’un dollar de l’heure.
De là, il a pris le bus, puis un marché sans encombre le long de routes pas toujours fournies de trottoir. « On est en pleine journée, donc je pense qu’il n’y a pas trop de problèmes de circulation », remarque-t-il.
Chargée de la sécurité autour du stade, la police de l’Etat du New Jersey at-elle rencontré des difficultés avec ses supporters terminant leur trajet à pied hors des sentiers battus ? Sollicitée, elle n’a pas répondu à l’AFP.
