Le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde lundi contre des « risques élevés » pesant sur les perspectives économiques « à court terme » du Sénégal, demandant aux autorités de continuer à « réduire les vulnérabilités liées à la dette », dans un communiqué publié lundi à l’issue d’une mission la semaine dernière.
Une équipe du FMI s’est rendue au Sénégal du 15 au 19 juin pour évaluer l’évolution de la situation macroéconomique du pays, confronté à une situation économique préoccupante. « L’économie sénégalaise a fait preuve de résilience, même si elle est confrontée à une situation économique difficile dans un contexte mondial éprouvant », indique le FMI.
« La croissance du PIB réel a atteint 6,7% en 2025, portée par une forte expansion du secteur des hydrocarbures. Le déficit du compte courant s’est sensiblement réduit en 2025, sous l’effet des exportations de pétrole et de la compression des importations », détaille-t-il.
Toutefois, les « perspectives à court terme sont soumises à des risques élevés », pointe l’institution. « La hausse des cours mondiaux du pétrole depuis le début de la guerre au Moyen-Orient devrait exercer une pression supplémentaire sur les finances publiques du Sénégal cette année, compte tenu du coût budgétaire des subventions non ciblées », précise le communiqué.
La mission a salué « l’engagement continu des autorités ainsi que leur volonté de remédier aux vulnérabilités révélées par la communication passée de données erronées », réaffirmant son « engagement à accompagner le Sénégal en ces temps difficiles ». Les autorités sénégalaises au pouvoir depuis 2024 accusent le régime de l’ex-président Macky Sall (2012-2024) d’avoir dissimulé les vrais chiffres sur des indicateurs clefs comme la dette publique et le déficit budgétaire.
Cela avait conduit le FMI à suspendre son programme d’aide de 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros) conclu en 2023, en attendant d’avoir des réponses et des engagements des nouvelles autorités. Ces autorités sénégalaises ont « réitéré leur intérêt pour un nouveau programme soutenu par le FMI », indique l’institution, qui se dit prête à « dialoguer avec les autorités sur leurs politiques et priorités de réforme susceptibles d’être appuyées par un accord » avec elle.
« Celles-ci comprennent des mesures visant à soutenir la consolidation budgétaire et à réduire les vulnérabilités liées à la dette, à renforcer la gestion de la dette, à améliorer la gouvernance publique et à promouvoir une croissance inclusive et durable », prévient le FMI.
AFP
