Les Etats ont réalisé « de réels progrès » dans les discussions climatiques à Bonn ces derniers jours, a affirmé jeudi le patron de l’ONU Climat Simon Stiell en clôture d’une réunion préparatoire à la COP31, tout en avertissant des effets des « tensions géopolitiques » sur les discussions.
Le dirigeant a notamment cité le fait que les Etats ont avancé sur la « transition juste », afin de s’assurer que l’évolution vers une économie bas carbone se fasse dans des conditions justes et inclusives.
Il a également souligné que la Turquie, pays hôte de la COP31, avait annoncé son objectif de faire en sorte que l’électricité représente un tiers de la demande énergétique mondiale d’ici 2035.
« Dans ces domaines, nous avons réalisé des progrès significatifs. Dans d’autres, nous avons constaté une certaine réticence et des blocages. Nous avons vu les tensions géopolitiques se répercuter dans ces couloirs », a-t-il poursuivi dans sa déclaration, à l’heure où la crise énergétique entrainée par la guerre au Moyen-Orient semble tout juste s’apaiser après des mois de tensions.
« Malgré les tensions géopolitiques, les nations continuent de travailler ensemble à la recherche de solutions. Cela envoie un signal fort » s’est aussi félicité Carsten Schneider, ministre fédéral allemand de l’Environnement dans sa déclaration en conclusion des échanges.
« Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de revenir sur des décisions antérieures, de renégocier les objectifs existants ou de faire marche arrière », a déclaré Simon Stiell, mettant en garde les Etats contre le fait de « faire le tri » parmi les engagements mondiaux pour ne retenir que ceux qui « s’avèrent stratégiquement opportuns sur le moment ».
Le dirigeant a toutefois mis en avant, « dans certaines salles de négociations », « une tendance bien connue à privilégier le chacun pour soi: des groupes refusant de prendre des engagements ou de permettre au processus d’avancer tant que les autres n’ont pas fait le premier pas », a-t-il dit.
Carsten Schneider a lui souligné qu »un débat public éclairé et fondé sur des faits » sur les conséquences du changement climatique était « vital ».
« Cela rend d’autant plus graves les attaques contre les fondements scientifiques de la climatologie – telles que celles qui ont eu lieu cette fois-ci à Bonn. Il est encourageant de voir un grand nombre de pays, tant du Sud que du Nord, s’unir clairement contre cela », a-t-il jugé.
C’est à Bonn que sont rédigés les textes et que les divergences sont aplanies en amont des décisions qui seront prises par les dirigeants politiques lors de la COP31, la conférence sur le climat parrainée par l’ONU, qui doit débuter le 9 novembre à Antalya, en Turquie.
Des représentants de dizaines de pays en développement, de l’Union européenne et de la Suisse ont exprimé ces derniers jours des inquiétudes sur le fait que certains pays cherchaient à saper le consensus scientifique sur le réchauffement climatique.
AFP
