Le président taïwanais a affirmé dimanche que la sécurité de son pays ne pouvait pas faire l’objet d’un « marchandage », après des déclarations de Donald Trump suggérant une possible utilisation des ventes d’armes à Taïwan pour négocier avec la Chine.
Le dirigeant taïwanais a réagi aux déclarations du président américain Donald Trump après sa visite de deux jours à Pékin, lors de laquelle le président chinois Xi Jinping a tenu des propos particulièrement fermes à propos de l’île.
La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique tout en se réservant la possibilité de recourir à la force. Interrogé sur une vente d’armes à Taiwan, Donald Trump avait indiqué vendredi sur Fox News qu’il n’avait pas encore pris sa décision. « Cela dépendra de la Chine. C’est un très bon atout de négociation pour nous. Cela représente beaucoup d’armes », avait-il déclaré au cours de l’interview.
Des propos tenus juste avant de quitter Pékin, où sa visite a permis d’afficher une certaine stabilité entre les deux superpuissances, sans déboucher sur de grandes avancées, que ce soit sur le commerce ou sur l’Iran, allié de la Chine. En décembre, le gouvernement américain a approuvé une d’armes à Taïwan de 11,1 milliards de dollars. Le Parlement taïwanais a récemment approuvé un budget de défense de 25 milliards de dollars. Selon les parlementaires, près de neuf milliards serviront à financer ce contrat d’armement de 11,1 milliards de dollars.
Le reste devrait notamment permettre de couvrir une autre phase de ventes d’armes américaines, estimée à plus de 15 milliards de dollars, mais qui n’a pas encore été approuvée par les États-Unis. « Nous n’avons pas envie que quelqu’un se dise +proclamons l’indépendance parce que les Etats-Unis nous soutiennent+ », avait également mis en garde le président américain après sa rencontre avec M. Xi, affirmant vouloir que Taïwan et Pékin « se calment ».
– « Forme de dissuasion » –
Le président taïwanais a lui répété dimanche que la Chine était « la cause profonde de l’instabilité régionale » et a promis que Taïwan « ne provoquerait ni ne participerait à une escalade des conflits », mais ne céderait pas non plus à la pression pour renoncer à son système « démocratique et libre ».
« C’est le statu quo que nous cherchons à défendre, il n’y a pas de soi-disant problème +d’indépendance de Taïwan+ », a déclaré M. Lai, qui considère que l’île est déjà indépendante.
Cette déclaration de M. Lai est « raisonnable », a jugé dimanche le président de la Chambre des représentants américaine, Mike Johnson. Les Taiwanais « doivent montrer un peu leurs muscles », at-il déclaré sur Fox News. « La Chine ne peut pas simplement s’emparer de territoires, et nous allons rester fermes, et le Congrès aussi ».
Samedi, le gouvernement de Taïwan avait déjà rappelé les Etats-Unis à leur engagement en ce qui concerne les ventes d’armes à Taïwan, « clairement prévu par la loi ».
Il s’agit aussi « d’une forme de dissuasion commune face aux menaces régionales », avait réagi le ministère taïwanais des Affaires étrangères, dans un communiqué.
Washington est tenu de fournir des armes défensives à Taïwan en vertu du Taiwan Relations Act, une loi adoptée par le Congrès américain en 1979, à la suite de la reconnaissance de la République Populaire de Chine par les Etats-Unis et à condition que l’île ne déclare pas l’indépendance.
Depuis 1982, l’un des grands principes de la stratégie américaine est de ne pas « consulter » Pékin sur ses ventes d’armes à Taïwan tout en restant flou quant à la possibilité d’intervenir militairement en cas d’attaque chinoise.
AFP