Le Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye, a présidé, ce samedi 18 avril 2026, la cérémonie d’ouverture de la 7ᵉ Conférence des Ambassadeurs et Consuls généraux du Sénégal. Cette rencontre se tient les 18 et 19 avril 2026 au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio.
Placées sous le thème « La diplomatie sénégalaise et le renouveau de la coopération internationale : principes et modes d’action », ces assises réunissent l’ensemble des chefs de missions diplomatiques et consulaires du Sénégal. Elles constituent un moment majeur de la vie institutionnelle nationale.
Selon le communiqué de la Présidence senegalaise sur l’intervention du chef de l’État, « cette conférence offre l’occasion de rassembler la famille diplomatique et consulaire sénégalaise, d’évaluer avec lucidité l’état de l’action extérieure du pays, d’engager un dialogue constructif avec le réseau diplomatique et de définir les orientations stratégiques qui guideront la politique étrangère nationale dans les prochaines années » .
Ainsi, dans son discours d’ouverture, le chef de l’État a rappelé que « le Sénégal s’honore d’une tradition diplomatique ancienne, active, profondément ancrée en Afrique et résolument ouverte sur le monde. »
Bassirou Diomaye Diakhar Faye a affirmé sa détermination à poursuivre et à amplifier cette dynamique au service d’une diplomatie de souveraineté, de résultats et d’anticipation, pleinement en phase avec la vision de transformation nationale portée par son gouvernement, notamment à travers l’agenda Sénégal 2050.
» C’est avec un réel plaisir que je me tiens devant vous aujourd’hui pour présider, pour la première fois depuis mon élection à la tête de notre pays, la Conférence générale des Ambassadeurs, Consuls généraux et Consuls du Sénégal », a-t-il dit.
A l’en croire, » cette rencontre constitue, à bien des égards, un moment privilégié de notre vie institutionnelle. »
» Elle offre l’opportunité de rassembler la famille diplomatique et consulaire de notre pays, d’évaluer avec lucidité l’état de notre action extérieure, mais également d’engager un dialogue constructif avec vous et de donner des orientations qui devront guider notre politique étrangère », a-t-il déclaré.
Le président de la République du Sénégal a félicité en effet à chacune et à chacun de ses hôtes pour leur nominations respectives aux fonctions d’Ambassadeur, de Consul général ou de Consul. » Comme vous le savez, notre pays a récemment franchi une étape majeure de son histoire politique avec l’avènement de la troisième alternance démocratique, intervenue dans un contexte marqué par une crise aigüe ayant, un temps, mis à l’épreuve la stabilité nationale », souligne M. Faye.
Selon lui, » cette situation, loin d’affaiblir notre Etat, a, au contraire, renforcé la vitalité de nos institutions et la résilience de notre démocratie. »
Le chef de l’État rassure que le Sénégal s’honore d’une tradition diplomatique ancienne, active, profondément ancrée en Afrique et résolument ouverte sur le monde.
» Cette dynamique je compte la poursuivre et l’amplifier afin de mettre en œuvre la vision transformatrice que nous avons pour notre pays », a-t-il encore ajouté.
Bassirou Diomaye Diakhar Faye souligne que c’est dans cet esprit que, dès sa prise de fonction, il fait le choix de confier la diplomatie à des professionnels, dont l’expertise et le dévouement ont contribué de manière décisive, au fil des décennies, au rayonnement international du Sénégal.
« Je vous exhorte à vous inscrire pleinement dans cette tradition d’excellence, héritée de vos devanciers dont l’engagement au service de l’Etat et de la nation demeure une source d’inspiration », lance M. Faye.
Le président de la République tient à leur rendre ici un hommage appuyé et à s’incliner devant la mémoire de ceux qui nous ont quitté récemment, notamment les Ambassadeurs Massamba Sarré, Henri Arfang Senghor, Youssouph Barro, Saloum Kandé, Papa Louis Fall, André Coulbary et Pierre Diouf, ainsi que Monsieur Diégane Samba Thioune.
« A travers eux, c’est toute une génération pionnière de notre diplomatie que nous honorons. Qu’ils reposent en paix », laisse-t-il entendre.
Ainsi il a loué l’héritage qu’ils ont légué au Sénégal et qui continue d’éclairer les fondements de sa politique étrangère, articulée autour de principes constants : le bon voisinage ; la promotion de la paix et de la sécurité internationales ; la défense des droits de l’Homme ; l’approfondissement de l’intégration africaine ; ainsi que la protection de la diaspora sénégalaise et des intérêts économiques du pays.
« Ces principes demeurent intangibles.
Toutefois, le monde évolue, et avec lui émergent des défis inédits dans un environnement international de plus en plus instable et incertain », précise le président Faye.
« Voilà pourquoi, selon lui, il nous appartient, tout en nous appuyant sur nos ressorts traditionnels, d’adapter notre diplomatie et de moderniser ses instruments pour la rendre plus efficace. »
Et de remarquer que c’est toute la pertinence du thème de vos travaux « la diplomatie sénégalaise et le renouveau de la coopération internationale : principes et modes d’action ».
Selon M. Faye, ce renouveau traduit une inflexion assumée : le passage d’une diplomatie de présence à une diplomatie de souveraineté, de résultats et d’anticipation au service de nos intérêts stratégiques.
Car, il assure qu’il ne s’agit nullement d’un repli, mais bien de l’affirmation lucide de notre capacité à définir et à conduire, en toute indépendance nos choix et nos priorités.
» Notre ambition est de bâtir un Etat engagé sur la voie du développement durable, fondé sur des partenariats équilibrés, respectueux et mutuellement bénéfiques », a-t-il réaffirmé.
A ce propos, dit-il, votre nouvelle boussole sera l’agenda national de transformation, la vision Sénégal 2050, qui identifie des secteurs prioritaires tels que : la gouvernance transparente, la souveraineté alimentaire, les infrastructures, l’industrialisation et le numérique.
« Nous vivons dans un monde de grandes turbulences géopolitiques et de défis inédits, y compris dans notre voisinage immédiat, avec des risques sérieux de fragmentation de notre espace communautaire », prévient-il.
Il s’y ajoute, selon le président sénégalais, les effets multiples du dérèglement climatique, une crise économique profonde et un multilatéralisme mis à rude épreuve.
Bassirou Diomaye Diakhar Faye admet que la recrudescence des conflits armés et les tensions récurrentes entre puissances nucléaires, interrogent l’humanité sur l’efficacité des mécanismes actuels de prévention et de gestion des crises. » Nous assistons à une banalisation du recours unilatéral à la force, en contradiction flagrante avec les principes de la charte des Nations Unies », a indiqué le chef de l’État.
M. Faye voit qu’une telle évolution met en péril l’équilibre du monde et heurte profondément notre conception de la dignité humaine.
En effet, il fait remarquer que le Sénégal condamne toute approche sélective de la valeur de la vie humaine et continuera de s’opposer, avec constance, à toute forme de « deux poids deux mesures ».
« Plus que jamais, il est important d’œuvrer à l’avènement d’un ordre international plus juste, où l’humain demeure au cœur des préoccupations, et où chacun pourra vivre dans la paix, la dignité et la sécurité », confie-t-il.
Dans cette perspective, poursuit-il, la voix du Sénégal continuera de porter, avec clarté et détermination, sur les causes d’essence universelle, tout en s’inscrivant dans une dynamique d’action unitaire aux niveaux sous régional et continental.
« Je suis convaincu que, fort de notre unité, de notre solidarité et de notre confiance en nous-mêmes, nous sommes en mesure de jouer un rôle de premier plan dans la construction de l’avenir de notre continent », a encore fait entendre le président sénégalais.
Pour lui, cela implique un engagement renforcé en faveur de l’intégration africaine, tant dans la conception que dans la mise en œuvre des politiques communautaires, ainsi qu’une mobilisation accrue pour faire entendre la voix de l’Afrique sur la scène internationale.
« Pour nous, le multilatéralisme doit rester le cadre privilégié de l’action internationale », a-t-il transmis, ajoutant en revanche qu’il doit impérativement se réinventer. » Il doit être rénové et revitalisé pour le sortir du statu quo post guerre mondiale », rappelle le président Faye.
Bassirou D.D. Faye insiste que cela passe par une réforme ambitieuse de la gouvernance mondiale afin de la rendre plus équitable, plus représentative et mieux adaptée aux réalités contemporaines. Car pour lui, l’Afrique doit y occuper la place qui lui revient et ses priorités doivent être pleinement prises en compte.
» La diplomatie sénégalaise restera engagée pour la cause climatique selon le principe de responsabilité commune mais différenciée, en faveur d’une transition énergétique juste et équitable.
Fidèle à ses valeurs, le Sénégal continuera également de promouvoir l’égale dignité des cultures et des civilisations », avise-t-il.
Le respect de la diversité constitue un fondement essentiel de la coexistence pacifique entre les peuples. Et pour M. Faye, aucune civilisation ne saurait prétendre ériger ses valeurs en normes universelles au détriment des autres.
Le chef de l’État continue son oral en incluant que » le renouveau de notre diplomatie passe également par une meilleure prise en charge de nos compatriotes de l’extérieur ».
Puisque selon lui, » leur contribution constitue un levier stratégique majeur pour notre développement. «
C’est pourquoi il a tenu à intégrer pleinement la diaspora dans le champ de compétences du ministère à travers l’institution de la journée nationale de la Diaspora dont la première édition s’etait déroulée le 17 décembre dernier, en est une illustration concrète.
D’où il clame qu’au-delà de la protection consulaire qui sera renforcée, l’Etat travaillera à la modernisation des mécanismes de gestion de cette communauté, afin d’en faire un acteur central de notre développement économique et de notre influence.
» Par ailleurs, l’efficacité de notre action extérieure repose sur la performance de notre appareil diplomatique et sur une coordination accrue entre les différentes entités de l’Etat », a-t-il concédé.
Dans un environnement international de plus en plus compétitif, le ministère des affaires étrangères, selon le le président Faye, doit assumer pleinement son rôle de chef de file, dans un esprit de cohérence, de complémentarité et d’efficacité.
« Il est impératif d’éviter toute dispersion de nos initiatives qui nuirait à la lisibilité et à l’impact de notre diplomatie.
Vous disposez des compétences et des moyens nécessaires pour agir », a expliqué.
» Je vous invite, avec insistance, à vous montrer à la hauteur de la confiance placée en vous, en faisant preuve d’engagement, de rigueur et d’excellence », interpellé Diomaye Faye.
Pour sa part, l’Etat poursuivra ses efforts de modernisation de l’outil diplomatique, en améliorant les conditions de vie et de travail des agents, tout en valorisant le mérite, la compétence et le professionnalisme.
» J’attends de vos travaux une analyse approfondie du contexte international, des propositions concrètes et une feuille de route opérationnelle à la hauteur des ambitions que nous portons pour notre diplomatie », ajoute le chef de l’État sénégalais.
