Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Amadou Bâ, a procédé, jeudi, au lancement officiel des États généraux de la culture, de l’artisanat et du tourisme, une initiative présentée comme un cadre inclusif de concertation destiné à refonder et dynamiser ces secteurs stratégiques de l’économie nationale.
”Le Sénégal ne peut plus se permettre d’avoir du talent sans transformation ni du potentiel sans résultat”, a notamment déclaré le ministre, insistant sur la nécessité de traduire les atouts culturels, artisanaux et touristiques en ”performances économiques mesurables”.
La cérémonie s’est tenue en présence du secrétaire d’État chargé de la Culture, des Industries créatives et du Patrimoine historique, Bacary Sarr, ainsi que de nombreux acteurs publics et privés, partenaires techniques et financiers et professionnels des secteurs concernés.
Selon Amadou Bâ, ces États généraux s’inscrivent dans la mise en œuvre des orientations définies par le président de la République, dans le cadre de l’Agenda Sénégal 2050 et de la Stratégie nationale de développement 2025-2029.
Ils font suite à une directive issue du Conseil des ministres du 17 décembre 2025, appelant à une large concertation pour restructurer les filières, a-t-il rappelé.
Le ministre a souligné que l’objectif est de ”coconstruire des orientations fortes” à partir d’un diagnostic approfondi, en vue de faire des secteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme de véritables leviers de croissance, de création d’emplois et de développement territorial.
Dans son intervention, il a mis en avant le poids économique du tourisme, qui représente actuellement 7,1 % du produit intérieur brut (PIB) et génère plus de 100.000 emplois directs, tout en relevant que le Sénégal reste en deçà de ses ambitions, avec 780.000 arrivées internationales en 2023.
Le gouvernement ambitionne ainsi de porter cette contribution à 10 % du PIB pour atteindre 3 millions de visiteurs, a-t-il indiqué.
S’agissant de l’artisanat, présenté comme le premier pourvoyeur d’emplois du pays, il contribue largement au secteur informel, représentant plus de 40 % du PIB et près de la moitié de la population active occupée, selon lui.
Toutefois, a déploré le ministre, ”les artisans font face à des difficultés d’accès au financement, aux marchés internationaux et à la protection de leurs créations”.
Il a également relevé le potentiel des industries culturelles et créatives, notamment dans les domaines de la musique, du cinéma, de la mode et du design, estimant que ce capital immatériel reste encore insuffisamment valorisé et structuré.
Amadou Bâ n’a pas manqué de pointer les contraintes qui freinent la compétitivité des secteurs, notamment ”l’accès limité au crédit, la fragmentation des chaînes de valeur, la faible intégration entre tourisme, culture et artisanat, ainsi que le retard dans la transformation numérique”.
Pour y remédier, les États généraux s’appuieront sur des ”consultations dans les 14 régions du pays, des commissions thématiques et un processus basé sur des données probantes”, a-t-il signalé, ajoutant que chaque recommandation devra être ”chiffrée, financée et assortie d’un calendrier d’exécution précis”.
Le gouvernement s’est engagé, à l’issue des travaux, à structurer des filières prioritaires, améliorer l’accès au financement et développer des outils numériques de promotion et de commercialisation, a dit le ministre.
”Notre culture est une force, notre artisanat une fierté et notre tourisme un levier de souveraineté économique”, a martelé Amadou Bâ, appelant à une ”mobilisation collective” pour transformer durablement ces secteurs.
APS