Royaume-Uni : 466 arrestations lors d’une manifestation en soutien au groupe interdit Palestine Action

Un total de 466 partisans de l’organisation Palestine Action ont été arrêtés samedi à Londres au cours d’une manifestation de soutien à ce réseau propalestinien, interdit début juillet et classé « organisation terroriste », a annoncé la police londonienne.

Celle-ci a procédé à ces interpellations – un des plus grands nombres pendant une seule manifestation dans la capitale britannique – pour « soutien à une organisation interdite ». La police a précisé avoir arrêté ou être « en train de le faire » toutes les personnes ayant brandi la pancarte « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action ». Sur place, des manifestants ont porté d’autres pancartes comme « Agir contre le génocide n’est pas un crime » ou « Free Palestine ».

La guerre dans la bande de Gaza a été déclenchée après l’attaque sans précédent du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 qui a entraîné la mort de 1.219 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes. Les représailles israéliennes ont depuis fait au moins 61.369 morts dans ce territoire palestinien, majoritairement des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, jugés fiables par l’ONU. « C’est un impératif moral d’être ici », a déclaré à l’AFP Mathilda, qui ne souhaitait pas donner son patronyme.

« S’ils veulent m’arrêter, je ne m’enfuirai pas et je ne me cacherai pas », a ajouté cette septuagénaire arrivée spécialement de Bristol, à l’ouest de Londres, et qui était assise aux côtés d’autres manifestants avec la pancarte de soutien au groupe interdit.

– « Rien à me reprocher » –

« Qu’ils nous arrêtent tous », a renchéri Richard Bull, un londonien de 42 ans dans un fauteuil roulant. « Ce gouvernement est allé trop loin. Je n’ai rien à me reprocher. » De nombreux drapeaux palestiniens étaient visibles dans la foule, à quelques pas de laquelle étaient alignés des voitures de police, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les forces de l’ordre avaient mis en garde les participants contre les « potentielles conséquences pénales » de leurs actes. Les personnes arrêtées n’ont pas opposé de résistance, beaucoup formant un « V » de la victoire avec leurs doigts, sous les applaudissements d’autres manifestants, a constaté une journaliste de l’AFP.

Palestine Action a été ajoutée début juillet à la liste des organisations considérées comme « terroristes » au Royaume-Uni, après des actes de vandalisme perpétrés par ses militants, notamment sur une base de l’armée de l’air.  « Nous continuerons tant que le gouvernement tentera de faire taire ceux qui dénoncent sa complicité dans des crimes de guerre », a réagi Defend Our Juries dans un communiqué.

Le groupe Defend Our Juries organise depuis des manifestations pour protester contre cette interdiction, jugée « disproportionnée » par l’ONU. « Nous sommes déjà de plus en plus nombreux à nous préparer pour la prochaine vague d’actions en septembre ».

« L’arrestation de manifestants par ailleurs pacifiques constitue une violation des obligations internationales du Royaume-Uni de protéger les droits à la liberté d’expression et de réunion », a dénoncé l’ONG Amnesty International samedi sur X.

Le gouvernement britannique affirme que les sympathisants de Palestine Action « ne connaissent pas la vraie nature » de ce mouvement. « Ce n’est pas une organisation non violente », a assuré la ministre de l’Intérieur Yvette Cooper, disant disposer d' »informations inquiétantes » sur ses projets.

Plus de 200 de ses partisans avaient déjà été interpellés avant la manifestation de samedi, selon Tim Crosland, un représentant de Defend Our Juries. Trois personnes ont été inculpées en vertu de la loi antiterroriste jeudi pour avoir exprimé leur soutien à Palestine Action, une infraction passible de jusqu’à six mois de prison. L’appartenance à un groupe interdit ou l’incitation à le soutenir peut quant à elle valoir jusqu’à 14 ans de prison.

L’interdiction de Palestine Action a donné lieu à une action en justice entamée par Huda Ammori, cofondatrice en 2020 de cette organisation qui se présentait comme un « réseau d’action directe » visant à dénoncer « la complicité britannique » avec l’Etat d’Israël, en particulier sur la question des ventes d’armes. La justice britannique doit examiner ce recours en novembre.

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