Je voudrais saisir l’occasion que m’offre le lancement prochain du dialogue politique national pour aborder la lancinante question Ô combien pertinente entre ce dernier et la justice épistémique
Prosaïquement, formulons la question plus clairement :Quelles relations peut-on établir entre le dialogue national et la justice épistémique ?
Dans son essence, le dialogue politique national se veut un processus participatif inclusif où les forces vives de la nation (partis politiques, sociétés civiles, groupes de pression, s’il en existe, chefs religieux, experts et les citoyens lambda) débattent des questions majeures pour bâtir un consensus fort
Quant à la justice épistémique ou justice cognitive, elle postule le principe selon lequel, toutes les voix, savoirs expérienciels des personnes traditionnellement marginalisées, exclues ou ignorées dans la production des connaissances et décisions collectives doivent être reconnues comme légitimes dans un débat
Elle lutte dans sa prise en charge contre l’exclusion ou la sous-estimation
Justement, un dialogue politique qui se veut véritablement démocratique et inclusif doit garantir la justice épistémique.
En effet, il permet d’éviter que seuls les élites ou experts officiels définissent les questions qui concernent toute la la nation.
D’ailleurs, dans ce sillage, il est impérieux d’inclure les langues nationales dans les échanges politiques, de valoriser les témoignages des citoyens ordinaires…
Ce dialogue pourrait être renommé :concertations populaires de consensus citoyens.
Dans son format, ce dialogue politique pourrait privilégier en plus des panels des experts, des formats participatifs en ateliers de petits groupes avec des thèmes bien circonscrits par exemple dans quelques ateliers, on pourrait aborder
1/Pourquoi l’abstention est si récurrente lors des Législatives et des Locales dans notre pays?
2/Quels sont les obstacles que rencontrent les citoyens lors de l’inscription sur les listes électorales ?
Un tel atelier identifiera ces obstacles dans une approche holistique ( jeunes, populations rurales, personnes analphabètes,nomades, pêcheurs, personnels saisonniers, diasporas).
L’objectif est d’avoir in fine, d’une part, des recommandations concrètes, légitimes car co -construites avec les citoyens concernés et d’autre part, un échéancier d’exécution de sorte que les décideurs politiques n’auront aucune excuse parce que soumis à une sorte de pression morale et politique.
Ce sera ainsi, la parole du peuple et non plus une simple synthèse ou un catalogue de recommandations à soumettre à une quelconque autorité politique pour approbation ou non selon ses intérêts et ceux de son camp.
Il faut comprendre enfin, qu’un citoyen non inscrit, c’est une voix qui se tait et une voix qui se tait, c’est une démocratie qui faiblit.
Le mot de la fin est un appel à un dialogue citoyen participatif arrimé à une justice épistémique et à une inclusion démocratique.
Déneyba Beye
2e vice-président MTN MOTNA