France : le Premier ministre évoque des « menaces lourdes » d’ingérences étrangères à la présidentielle de 2027

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a évoqué jeudi des « perspectives de menaces lourdes » d’ingérences étrangères sur l’élection présidentielle de 2027, estimant que « l’ensemble de la classe politique » peut être concernée.

Le risque d’ingérence « a été significatif sur les municipales, sans effet majeur », en mars 2026, ce qui « laisse à entrevoir les perspectives de menaces lourdes sur l’élection présidentielle », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse consacrée à ce thème.

Désireux de « protéger le débat démocratique », l’initiative du Premier ministre vise à faire la transparence sur les ingérences passées, comme celle qui a visé, en provenance d’une entreprise israélienne des candidats de la France insoumise aux municipales, et à « identifier les risques » pour 2027 avec la présidentielle et potentiellement des législatives.

Le chef du gouvernement est attendu sur les outils prévus dans un projet de loi annoncé en avril par Emmanuel Macron. Le président de la République, lui-même victime d’ingérence dans sa campagne en 2017 avec la cyberattaque « Macron leaks », a notamment ciblé la Russie qui « achète massivement en période électorale des millions de faux comptes » sur les réseaux sociaux.

Sur les municipales, un rapport de Viginum, le service de lutte contre les manipulations en ligne, devrait être rendu public. Ces craintes de manipulation du débat public sont aussi alimentées par la place grandissante tenue, dans les médias du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, par l’ancienne patronne de la chaîne d’Etat russe RT, Xenia Fedorova.

Pour l’exécutif français, elle est une « propagandiste » relais de « la désinformation du Kremlin ». Des eurodéputés ont réclamé des sanctions, et des questions ont émergé sur le renouvellement de son titre de séjour en 2024, pour 10 ans. Plusieurs responsables politiques ont accusé d’ingérence l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, pour avoir affirmé qu’il souhaitait que « n’importe qui plutôt que Jean-Luc Mélenchon » remporte la présidentielle de 2027.

La frontière est ténue entre craintes d’ingérence, influence et affirmation de la liberté d’expression. Car « exprimer un avis, ce n’est pas une ingérence », a rappelé dimanche le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot. Une ingérence, « c’est tenter de manipuler le débat public ou les processus électoraux ».

AFP

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