Bernadette Chirac, veuve de l’ancien président français Jacques Chirac, est décédée vendredi soir à l’âge de 93 ans, a annoncé samedi matin à l’AFP sa fille Claude Chirac.
Épouse pendant plus de 60 ans de Jacques Chirac, conservée longtemps dans l’ombre du « grand », elle a accompagné son époux tout au long de son chemin vers l’Elysée (ministre, Premier ministre, maire de Paris) jusqu’à la victoire à l’élection présidentielle de 1995, au troisième essai.
Le président français Emmanuel Macron a salué une « grande dame de coeur » qui « a marqué notre histoire ». Née le 18 mai 1933 à Paris, Bernadette Chodron de Courcel a grandi dans une famille de diplomates du très chic XVIe arrondissement de la capitale. Elève de Sciences-Po Paris, c’est dans cette grande école qu’elle rencontre Jacques Chirac, qu’elle épouse en 1956.
Durant le premier mandat présidentiel (1995-2002) de Jacques Chirac, elle est d’abord reléguée au second plan. Avant de jouer un rôle essentiel dans la réélection de son mari en 2002, devenu très populaire auprès des Français, notamment à la tête de l’opération Pièces jaunes en faveur des enfants hospitalisés, et la coqueluche des élus de droite, qui s’arrachent son soutien aux municipales et aux législatives.
D’allure classique et bourgeoise, réputée beaucoup plus conservatrice que son mari, dotée d’un solide sens politique, celle qui avait acquis le surnom de « Bernie » avait mis en garde Jacques Chirac en 1997 contre le désastre d’une dissolution, dont elle accablait le secrétaire général de l’Elysée d’alors Dominique de Villepin, dit « Néron » en petit comité.
Son époux racontait aussi qu’elle avait été la seule à l’alerter sur la montée du leader du Front national (extrême droite) Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle de 2002. « Elle est la femme de ma vie, nous avons tant accompli ensemble ! », disait d’elle Jacques Chirac dans ses « Mémoires ». L’ancien Premier ministre Edouard Philippe, candidat de droite à la présidentielle de 2027, a salué « une personnalité que les Français respectaient et aimaient ». L’ancien président Nicolas Sarkozy, a dit perdre « une grande amie ».
En dépit de ses convictions à droite, plusieurs personnalités de gauche ont aussi salué son parcours. L’ancien président François Hollande salue une « dame obstinée, volontaire, dévouée sans doute, mais surtout indépendante ». Elle avait réussi « à imposer sa personnalité, ses idées et son style dans un univers qui ne lui était pas acquis », a-t-il jugé. Le socialiste Olivier Faure a de son côté souligné qu’elle « sut se donner une place dans un siècle où les femmes étaient encore présentées comme la simple prolongation de leurs époux. A sa façon elle participa au combat féministe ».
AFP