La cheffe de mission de l’Organisation internationale pour les migrations au Sénégal, Aissata Kane, a souligné, jeudi à Dakar, l’importance d’intégrer une perspective de genre dans les politiques migratoires des gouvernements.
‘’Sur les 25 000 mouvements migratoires enregistrés au Sénégal entre fin 2024 et fin 2025, les femmes représentent 33 % du flux, dont 28 % sont des adultes’’, a-t-elle fait valoir, en prenant part au lancement d’un programme pour une migration sûre des femmes au Sénégal et en Afrique du Nord initié par Onufemmes.
Elle a précisé que les motivations de ces femmes sont principalement économiques (39 %) ou liées au regroupement familial (36 %).
Le fait marquant, selon la cheffe de mission de l’OIM au Sénégal, c’est que 66 % d’entre elles voyagent seules, ce qui accroît considérablement leur vulnérabilité. En plus, sur les 4 200 retours assistés par l’Organisation en 2025, 466 concernaient des femmes. Ce qui nécessite des stratégies de réintégration spécifiques et sensibles au genre, a-t-elle ajouté.
‘’La migration, bien qu’étant un levier d’autonomisation économique pour les femmes, les expose à des risques majeurs d’exploitation et de précarité’’, souligne Aissata Kane, rappelant que le Sénégal, de par sa position stratégique sur les routes de l’Atlantique et de la Méditerranée, est à la fois un pays d’origine, de destination et de retour.
Aissata Kane a mis en lumière ‘’la nécessité d’une gouvernance migratoire concertée, impliquant l’État, la société civile et les organisations internationales’’.
L’objectif est de ‘’transformer la migration d’un risque subi en un moteur de développement durable pour les femmes’’, a-t-elle dit à ce propos.
AFP
