Le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a déclaré jeudi une attaque « terroriste » de drones iraniens sur un aéroport et près d’une école en Azerbaïdjan, promettant des représailles contre Téhéran en pleine guerre en cours au Moyen-Orient.
Selon Bakou, quatre personnes ont été blessées par ces drones iraniens ayant touché l’enclave du Nakhitchevan, frontalière de l’Iran et séparée du reste de l’Azerbaïdjan par l’Arménie.
« Un acte terroriste a été perpétré par l’Iran sur le territoire azerbaïdjanais », a affirmé le président Ilham Aliev lors d’une réunion de son conseil de sécurité.
Selon lui, l’armée azerbaïdjanaise a reçu pour « instruction de préparer et de mener des mesures de représailles ».
La Turquie, un allié important de Bakou, a « fermement » condamné cette attaque, de même que la diplomatie française, qui a déclaré une « attaque injustifiable » et une « violation flagrante de la souveraineté de l’Azerbaïdjan et du droit international ».
Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a affirmé que quatre drones, et non deux comme initialement dénombrés par Bakou, ont été lancés par l’Iran. L’un des moteurs a été abattu.
« Les autres étaient dirigés contre des infrastructures civiles, notamment le bâtiment d’une école pendant les heures de cours. Heureusement, le drone visant l’école n’a pas atteint sa cible et est finalement tombé et a explosé à proximité de l’établissement », a dit le ministère.
Une vidéo publiée par des médias azerbaïdjanais, non vérifiée par l’AFP, montre un bâtiment présenté comme celui de l’école. On y entend un fils semblable à celui d’un drone se rapproche, puis une explosion se produit, suivie de cris d’enfants.
– « Représailles nécessaires » –
La diplomatie azerbaïdjanaise avait indiqué plus tôt qu’un drone iranien avait endommagé le terminal de l’aéroport du Nakhitchevan et qu’un autre drone était tombé près d’une école dans le village de Chakarabad.
Une vidéo publiée par l’agence azerbaïdjanaise APA, non vérifiée par l’AFP, montre un drone s’écrasant et explosant près du bâtiment d’entrée de l’aéroport.
Sahib Abouzarov, chef des urgences d’un hôpital dans la ville de Nakhitchevan, capitale de l’enclave, a indiqué que « quatre personnes » avaient été hospitalisées pour « des traumatismes crâniens ».
La diplomatie azerbaïdjanaise a précisé avoir convoqué l’ambassadeur d’Iran pour lui exprimer sa « vive protestation » pour une attaque allant à l’encontre du « droit international » et contribuant à « l’escalade des tensions dans la région ».
Selon le ministère azerbaïdjanais de la Défense, Bakou « prépare les représailles nécessaires pour protéger l’intégrité territoriale et la souveraineté de notre pays, afin d’assurer la sécurité des civils et des infrastructures civiles ».
Téhéran exprime depuis longtemps son inquiétude à l’idée qu’Israël, proche allié de l’Azerbaïdjan et important fournisseur d’armes, utilise le territoire de cette ancienne république soviétique du Caucase situé au nord-ouest de l’Iran pour lancer des attaques contre son territoire.
– Oléoduc stratégique –
En juin dernier, Bakou avait affirmé qu’il ne permettrait « jamais » que son territoire soit utilisé pour lancer des attaques contre l’Iran, alors cible d’une vaste offensive d’Israël.
Des analystes craignent que l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui traverse la Géorgie et la Turquie voisines et transporte environ un tiers des importations pétrolières d’Israël, ne devienne une cible potentielle pour l’armée iranienne.
« En 2024, l’Azerbaïdjan a exporté 2,37 millions de tonnes de pétrole vers Israël via (l’oléoduc, ndlr) Bakou-Tbilissi-Ceyhan », a déclaré à l’AFP Ilham Shaban, directeur du Centre de recherche pétrolière de Bakou.
« L’oléoduc est enterré sur la majeure partie de son tracé, ce qui le rend difficile à neutraliser », at-il précisé, ajoutant que « les installations de surface, telles que les terminaux et les stations de pompage, pourraient néanmoins être vulnérables aux frappes de drones iraniens ».
AFP