Une quarantaine d’agents des eaux et forêts, des paramilitaires, ont été tués samedi au cours d’une attaque jihadiste visant un poste forestier dans l’est du Burkina Faso, pays sahélien confronté à une recrudescence de violences meurtrières ces derniers jours.
Entre jeudi dernier et dimanche, le nord et l’est du Burkina Faso, pays dirigé par une junte militaire, ont été la cible d’une série d’attaques qui ont fait au total plusieurs dizaines de morts. La plupart ont été revendiquées par le JNIM.
Le Burkina fait face depuis plus d’une décennie aux offensives meurtrières de groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique, sur de larges pans de son territoire.
Samedi, le poste forestier de Tandjari, localité située dans la province du Gourma « a été la cible d’une violente attaque terroriste qui a fait une quarantaine de morts », a déclaré à l’AFP une source sécuritaire de la région de l’Est.
« Certains corps ont été ramenés à Fada N’Gourma pour être inhumés mais d’autres n’ont pas pu l’être », a poursuivi cette source, évoquant « des restes calcinés ».
Confirmant l’attaque, une deuxième source sécuritaire a précisé que « des dizaines de corps » avaient été « retrouvés rassemblés dans les tranchées creusées autour du poste par les terroristes, qui les ont dépouillés de toutes leurs armes avant de se retirer avant le déploiement des renforts ».
Les gardes forestiers « sont sous le choc car c’est l’attaque la plus meurtrière qui touche singulièrement les agents des eaux et forêts », un corps paramilitaire « moins équipé » face aux groupes jihadistes, selon cette source.
– Spirale de violences –
Samedi, une autre attaque a visé Titao, chef-lieu de la province du Loroum et importante ville du nord-ouest du pays située entre Ouahigouya et Djibo, tuant une dizaine de civils, dont sept commerçants Ghanéens. Le JNIM l’a également revendiquée.
L’armée burkinabè – qui ne communique que très rarement sur les attaques – a annoncé dimanche soir avoir repoussé une offensive jihadiste à Titao.
Selon le porte-parole des forces armées nationales, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, les assaillants – scindés en plusieurs groupes – ont attaqué le détachement militaire et la ville où ils ont incendié « les étals du marché » pour faire des « vidéos » de « propagande ».
D’autres attaques ont visé des postes militaires ces derniers jours, notamment à Naré (nord) dimanche. Selon des sources sécuritaires, cette attaque a été « de grande ampleur ».
L’attaque d’un détachement militaire à Bilanga (est) et celles de deux avant-postes de l’armée à Ouahigouya (nord) jeudi dernier ont également été revendiquées par le JNIM. Le groupe jihadiste affirme avoir tué 10 soldats à Bilanga et 9 à Ouahigouya. Le pays est dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré depuis un coup d’Etat en septembre 2022.
Si la junte avait promis à son arrivée au pouvoir le retour de la sécurité au Burkina en quelques mois, le pays reste pris dans une spirale de violences qui ont fait, depuis 2015, des dizaines de milliers de morts civils et militaires, dont plus de la moitié ces trois dernières années, selon l’ONG Acled qui recense les victimes de conflits.
AFP