L’Assemblée nationale a entamé mercredi dans l’hémicycle les discussions au fond sur la création d’une aide à mourir, dans des débats parfois crispés entre partisans et opposants de la création de ce droit.
« Le fait même, la réalité même, que les nazis se soient servis de l’euthanasie, et bien ça devrait suffire à nous faire peur et à rejeter ce texte », a ainsi lancé Stéphane Rambaud (Rassemblement national).
« Il n’y a pas une journée où je ne me fais pas traiter de nazi au moins 200 fois sur les réseaux sociaux », a répliqué M. Falorni, défendant une définition d' »aide à mourir » qui « ne laisse subsister aucune ambiguïté quant à l’auteur de la demande d’aide à mourir, qui ne peut être que la personne qui souhaite bénéficier de celle-ci ».
« A la fin de ma vie, si je suis concerné, touché par la maladie, je ne suis vraiment pas sûr de solliciter une aide à mourir », a d’ailleurs souligné M. Falorni, avant d’ajouter : « la seule chose dont je suis absolument certain c’est que j’aimerais pouvoir avoir le choix ».
Au-delà de la sémantique, le sujet divise même au sein des groupes. « Je continue de penser qu’on ouvre une porte beaucoup trop risquée », a déclaré Stéphane Peu, président du groupe communiste, évoquant notamment sa crainte de voir des malades demander l’aide à mourir parce qu’ils considèrent être « un poids » pour leurs proches ou la société.
« Il y aura une décision médicale (…) qui dira oui ou non, et qui, je le crois, ne considérera pas ce patient comme un poids pour la société », a répondu la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
Jeudi, les députés devraient voter sur ce premier article-clé instaurant ce droit à l’aide à mourir, mais aussi aborder la question sensible des cinq conditions cumulatives pour demander cette aide à mourir.
Elles concernent aussi bien l’âge (le texte réserve à ce stade le droit aux majeurs), que la gravité de l’affection et des souffrances du patient, ou encore sa volonté « libre et éclairée ».
Mercredi les députés avaient conclu l’examen, là-aussi en deuxième lecture, d’une première proposition de loi, pour l’accès égal de tous aux soins palliatifs.
Un vote solennel pour chacun des deux textes est prévu mardi après-midi, si les nombreux amendements sur l’aide à mourir sont étudiés d’ici là (il en restait 1.747 mercredi soir). Un nouvel examen des deux textes est prévu au Sénat, du 1er au 3 avril.
AFP