La Stratégie nationale de promotion et de développement des petites et moyennes entreprises/industries (PME/PMI) a été présentée, jeudi, aux promoteurs de ces structures économiques en vue de leur plus grande efficacité.
Elle est l’aboutissement de concertations qui se sont déroulées à Dakar et dans les autres régions, selon le ministère de l’Industrie et du Commerce.
Les conclusions de ces concertations font l’objet d’un document qui sera présenté aux membres du gouvernement, lors d’un Conseil des ministres.
‘’La vision qui sous-tend cette stratégie est claire : rendre les petites et moyennes entreprises et industries sénégalaises compétitives. C’est un grand défi’’, qui devrait se traduire par la création d’emplois ‘’décents’’, a dit le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop.
Selon lui, une stratégie de promotion des petites et moyennes entreprises et industries ‘’ne peut être conçue sans elles’’, sans la contribution non plus des partenaires naturels, à savoir les institutions financières, les structures d’appui et de développement, les collectivités territoriales.
‘’Faire émerger des PME/PMI compétitives, innovantes…’’
M. Diop signale que ces entreprises, du point de vue des autorités sénégalaises, sont appelées à devenir l’ossature du tissu économique national.
‘’Elles créent l’essentiel des emplois dans nos villes et villages. Elles forment nos chaînes de valeur, innovent, prennent des risques et portent les ambitions de milliers d’entrepreneurs’’, a-t-il souligné.
Selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, 97 % des petites et moyennes entreprises et industries évoluent dans l’informel, et ‘’beaucoup de projets viables’’ n’ont pas accès au financement des banques.
La stratégie élaborée par les pouvoirs publics sera mise en œuvre en vue de l’atteinte de nombreux objectifs, dont le renforcement du cadre législatif et réglementaire visant à faciliter la formalisation et la création des entreprises, a expliqué Serigne Guèye Diop.
‘’C’est là que je voudrais lancer un appel au secteur bancaire, qui, en réalité, résiste encore à faire confiance aux PME’’, a-t-il dit en parlant du financement des petites et moyennes entreprises et industries.
Les taux d’intérêt, les garanties demandées par les banques aux entreprises et la courte durée du remboursement des crédits sont à revoir, selon le ministre de l’Industrie et du Commerce.
Dans d’autres pays, les crédits accordés aux petites et moyennes entreprises et industrie sont remboursés en dix ou quinze, a-t-il argué.
‘’Le chantier est énorme’’
La stratégie du gouvernement s’inscrit dans la mise en œuvre de l’Agenda national de transformation ‘’Sénégal 2050’’.
‘’La volonté du chef de l’État et du Premier ministre est de faire émerger un écosystème de PME/PMI compétitives, formelles, innovantes et capables de conquérir les marchés nationaux, régionaux et internationaux’’, a dit Ibrahima Thiam, le secrétaire d’État chargé du Développement des PME et des PMI.
L’ambition des autorités sénégalaises est de faire de ces entreprises le moteur d’une économie compétitive et de développement des pôles-territoires, d’après M. Thiam.
‘’À ce titre, nous voulons, d’ici à 2029, augmenter de 10 points la contribution des PME/PMI au PIB, réduire de moitié le poids de l’informel par un vaste programme de formalisation, tripler l’encours des crédits alloués aux PME, faire émerger plus de 100 nouveaux champions parmi les PME/PMI’’, a assuré le secrétaire d’État.
Selon lui, ces ‘’fortes ambitions’’ sont portées par un portefeuille de 25 projets prioritaires à mettre en œuvre, d’ici à 2029.
‘’Le chantier est énorme, mais nous comptons sur l’engagement et la contribution de tout le monde pour relever ensemble ce grand défi’’, a dit M. Thiam aux promoteurs des petites et moyennes entreprises et industries.
APS
