Le Conseil exécutif de l’OMS n’a pas formulé de recommandation vendredi sur le retrait des Etats-Unis de l’organisation, laissant ainsi à l’assemblée plénière de l’organisation l’entière responsabilité de se prononcer sur le sujet lors de sa prochaine réunion en mai.
Quelques heures seulement après son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, le président américain Donald Trump avait signé un décret ordonnant le retrait des Etats-Unis de l’OMS après un délai d’un an réglementaire. Ce départ est effectif depuis le 22 janvier, selon Washington.
Mais « cette notification de retrait (américaine) soulève des questions », selon l’OMS, qui a souligné que les Etats-Unis sont en effet censés être à jour de leurs versements à l’organisation s’il veulent la quitter. Or ils lui doivent environ 260 millions de dollars (220 millions d’euros).
Le Conseil exécutif était également invité à donner « des orientations provisoires » sur la manière dont le secrétariat de l’OMS « devrait aborder les questions pratiques relatives » au statut des Etats-Unis dans l’attente de l’examen de cette question en mai.
Mais les membres du Conseil exécutif sont restés silencieux vendredi lors de l’examen de ce point qui était à l’ordre du jour, à l’exception d’Israël qui a apporté son soutien à Washington.
« Toute tentative visant à contraindre les Etats à aller à l’encontre de leurs décisions nationales constitue une atteinte à leurs droits souverains », a déclaré l’ambassadeur israélien auprès des Nations unies à Genève, Daniel Meron.
La Chine, qui n’est pas membre du Conseil exécutif, a pris ensuite la parole pour s’étonner du mutisme des autres pays. « J’ai noté que la plupart des membres du Conseil exécutif restent silencieux sur cette question importante » alors que « nous assistons à un moment historique », a ainsi déclaré le représentant chinois.
« Les grandes puissances (…) ne doivent pas traiter l’OMS comme quelque chose qu’elles peuvent utiliser à leur guise et abandonner lorsqu’elle ne leur convient plus », a-t-il martelé.
– « Coopération indispensable » –
Contrairement aux Etats-Unis qui n’avaient pas soumis de résolution, l’Argentine et Israël avaient déposé un projet de décision recommandant à l’assemblée plénière de l’OMS de valider le retrait argentin, annoncé en février 2025.
Ce projet a été adopté sans qu’un membre du Conseil exécutif ne s’y oppose même si certains pays ont dit regretter la décision de Buenos Aires.
La France, qui n’est pas membre du Conseil exécutif, « a pris note des décisions des Etats-Unis et de l’Argentine, que nous regrettons », selon une membre de la délégation française, pendant l’étude du cas argentin.
« La France reste fermement convaincue qu’une coopération internationale inclusive et efficace, fondée sur le mandat universel de l’OMS, demeure indispensable pour répondre aux défis en santé mondiale », a-t-elle ajouté.
Plusieurs pays latino-américains ont apporté leur soutien à Buenos Aires, appelant au respect de la souveraineté des Etats.
« Le retrait de l’Argentine de cette organisation ne signifie pas nécessairement que nous quittons le monde », a déclaré l’ambassadeur argentin auprès de l’ONU à Genève, Carlos Mario Foradori.
« L’Argentine respectera toutes les réglementations en vigueur » et « nous sommes pleinement conscients que les pandémies ne connaissent pas de frontières », a-t-il ajouté.
APS