Le ministre sud-africain des Affaires étrangères Ronald Lamola a appelé mardi le « plus de pays possible » à faire pression sur Israël pour « mettre un terme aux actes génocidaires » commis, selon lui, à Gaza par Israël, dans un entretien exclusif à l’AFP.
« Nous nous félicitons de l’intention de la France, du Canada et d’autres pays dans le monde de reconnaître » l’Etat de Palestine. « Cela permet d’accroître la pression pour l’obtention d’un cessez-le-feu », a ajouté M. Lamola interrogé à Pretoria.
L’Afrique du Sud avait saisi fin décembre 2023 la Cour internationale de justice (CIJ) au sujet de la situation à Gaza. En janvier 2024, dans une décision retentissante, la CIJ avait appelé Israël à prévenir tout éventuel acte relevant du « génocide », mettant en garde contre un « risque réel et imminent » de « préjudice irréparable » pour les Palestiniens.
« Quand certains de leurs amis et certains pays disent à leur tour, +non, cela ne peut pas continuer+, cela nous rapproche de plus en plus du moment où le régime israélien met fin à ses activités génocidaires, où l’accès humanitaire à la population de Gaza est autorisé, où l’on accepte d’aller à la table des négociations pour un cessez-le-feu », a estimé le ministre sud-africain.
Evoquant la « famine » en cours à Gaza, M. Lamola a ajouté: « Nous avions averti dans notre procédure devant la CIJ que tout cela mènerait à une famine, à un nettoyage complet de la population » gazaouie. « Si le monde avait agi à l’époque, nous n’en serions pas là aujourd’hui », a-t-il déploré.
En guerre contre le Hamas depuis l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien en Israël le 7 octobre 2023, le gouvernement israélien fait face à une pression croissante pour trouver une issue au conflit.
L’opinion israélienne s’alarme du sort des 49 otages du 7-Octobre – dont 27 déclarés morts par l’armée -, tandis qu’à l’international, de plus en plus de voix s’élèvent face aux souffrances de plus de deux millions de Palestiniens entassés sur un territoire dévasté et menacé de « famine généralisée », selon l’ONU.