Face à l' »obstruction » de la gauche, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a déclenché vendredi au Sénat la procédure du « vote bloqué » sur la proposition de loi réformant l’audiovisuel public, dans l’espoir de faire adopter le texte. Et à la fin, c’est Dati qui gagne quand même. Après le passage – difficile – à l’Assemblée nationale, où sa réforme décriée de l’audiovisuel public a été rejetée avant même d’être débattue fin juin, la ministre de la Culture a poursuivi son parcours au Sénat.
Sur le papier, tout devait être plus simple. Dominée par la droite et les centristes, la haute assemblée, à l’origine du texte, y est majoritairement favorable. Dans la réalité, Rachida Dati a dû arpenter un nouveau chemin de croix, balisé notamment par les manœuvres de la gauche socialiste, écologiste et communiste qui a tout fait pour retarder les discussions.
À tel point que la ministre a réclamé ce vendredi 11 juillet au matin, deuxième jour d’examen dans l’hémicycle, la fin prématurée des débats, en demandant aux sénateurs de s’exprimer sur le texte à travers un vote unique (ou vote bloqué, selon la formule). Une des cartes que le gouvernement possède dans sa main pour imposer ses vues – et sortir du bourbier. Résultat : un texte validé aux forceps, avec 194 voix pour contre 113, en milieu d’après-midi.
La gauche ferraille…
« Depuis 7 heures de débat, nous n’avons pu débattre que de 31 amendements sur ce texte. Ce matin, on a encore vu de l’obstruction, toujours de l’obstruction, et encore de l’obstruction. En 30 minutes, on a discuté d’un seul amendement, alors qu’il en reste 301 », a-t-elle ainsi dénoncé devant les sénateurs, ce vendredi en milieu de matinée, en expliquant qu’avec le rythme actuel « il faudrait plus de 70 heures pour aller au bout du texte. »
Face à elle, la gauche voulait dénoncer un « passage en force » sur cette réforme qui vise à rassembler en une seule holding France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA. Ils accusent notamment la ministre d’avoir inscrit son texte à la dernière minute, pourtant rejeté par l’Assemblée nationale, pour un examen au pas de charge avant les vacances parlementaires prévues à partir de ce vendredi soir.