P. Diddy acquitté de trafic sexuel et association de malfaiteurs

Le magnat du hip-hop P. Diddy a été acquitté mercredi de trafic sexuel et d’association de malfaiteurs, les accusations les plus importantes portées contre lui, mais reconnu coupable de transport de personnes à des fins de prostitution à l’issue d’un procès hypermédiatisé à New York.

Dans l’attente du prononcé de sa peine pour ce chef d’accusation, qui pourrait lui valoir jusqu’à 20 ans de prison, ses avocats avaient demandé sa libération conditionnelle, ce qui a été refusé par le juge Arun Subramanian en invoquant un historique de « violence » et de « mépris de la loi » de la part de l’artiste.

Plus tôt mercredi, Sean Combs, de son vrai nom, avait été acquitté par les 12 jurés d’un crime passible de la prison à vie -association de malfaiteurs- ainsi que du chef d’accusation de trafic sexuel.

« Aujourd’hui est un grand jour, aujourd’hui est une victoire, aujourd’hui est la victoire de toutes les victoires pour Sean Combs et notre équipe juridique », a déclaré en soirée l’un de ses avocats Marc Agnifilo, affirmant qu’il allait poursuivre la « bataille » jusqu’à sa libération.

Le verdict clôt des semaines de débats, lors desquels des témoignages parfois difficiles à entendre et des plaidoiries musclées se sont succédé. Le producteur était accusé d’avoir forcé des femmes à se livrer à des marathons sexuels avec des hommes prostitués.

Après le verdict, P. Diddy a regardé au ciel et joint ses mains comme s’il priait en direction du juge et du jury, dans un signe de remerciement et de soulagement.

Agé de 55 ans, P. Diddy était accusé d’avoir forcé des femmes -dont sa petite amie de 2007 à 2018, la chanteuse Cassie, et une ancienne compagne plus récente ayant témoigné sous le pseudonyme de « Jane »- à se livrer à des marathons sexuels avec des hommes prostitués pendant qu’il se masturbait ou filmait. Et aussi d’avoir mis en place un réseau criminel, dont il était à la tête, pour organiser ces marathons nommés « freak-offs ».

                        « Changement attendu »

En 2023, son ex-compagne Cassie porte plainte contre lui au civil pour un viol remontant à 2018, et l’accuse d’avoir eu un « comportement violent » et « déviant » durant une décennie, comme des relations sexuelles forcées avec des hommes prostitués. Si l’affaire se règle en 24 heures, « à l’amiable », selon un accord confidentiel, elle donne lieu à d’autres plaintes ayant mené à ce procès pénal.

« En témoignant de son expérience, Cassie a laissé une empreinte indélébile sur l’industrie du divertissement et sur la lutte pour la justice » et a fait preuve d’un « courage exemplaire » et d’une « force incontestable », a dit son avocat Douglas H. Wigdor dans une déclaration transmise à l’AFP.

« Cette affaire a toutefois prouvé qu’un changement est attendu depuis longtemps. Nous allons continuer à nous battre pour les survivantes » de crimes sexuels, a-t-il ajouté, appelant ainsi à la fin du « fléau » des crimes sexuels qui affectent non seulement les milieux culturels ou de pouvoir mais la « société dans son ensemble ».

« Traduire en justice les (auteurs) de crimes sexuels exige que les victimes courageuses se manifestent et racontent leurs histoires déchirantes. Nous et nos partenaires des forces de l’ordre reconnaissons les difficultés endurées par les victimes (…) », a commenté le procureur Jay Clayton, dont l’équipe menait l’accusation contre P. Diddy.

                                      Violence

Durant le procès, les avocats de P. Diddy avaient tout fait pour discréditer les témoins à charge, dont Cassie, pour tenter de montrer que leur client avait un style de vie « polyamoureux » qui ne tombe pas sous le coup du droit pénal.

Cassie et Jane ont admis que leur relation respective impliquait de l’amour, mais qu’elles étaient dans le même temps soumises à des menaces liées à leur réputation, à leur situation financière et à leur intégrité physique.

Les jurés ont visionné des enregistrements de ces marathons sexuels, de même que l’enregistrement de caméras de surveillance d’un hôtel de Los Angeles montrant le magnat du hip-hop traînant au sol Cassie et la rouant de coups.

« (P. Diddy) avait tellement dépassé les limites qu’il ne pouvait même plus les voir », avait déclaré la procureure Maurene Comey, disant que le rappeur se sentait « intouchable ». « Mais l’accusé n’est pas Dieu », avait-elle dit au jury, en espérant une condamnation pour tous les chefs d’accusation.

Mercredi, après le verdict aux accents de défaite, elle a appelé à une « longue » sentence à l’encontre du rappeur. Le juge a prévu une audience en ligne le 8 juillet prochain afin de tenter de déterminer une date pour le prononcé de la peine. (Afp)

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