La défense du journaliste français Christophe Gleizes condamné dimanche à sept ans de prison ferme notamment pour « apologie du terrorisme » a déposé lundi son recours en appel, a indiqué à l’AFP son avocat Salah Brahimi.
La condamnation de ce journaliste, dans une affaire qui n’avait jusque-là pas été rendue publique, intervient alors que l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, dont la détention en Algérie constitue un des éléments de la crise entre Paris et Alger, attend mardi le jugement de son procès en appel. « La France regrette vivement la lourde condamnation à une peine de sept ans de prison ferme du journaliste français Christophe Gleizes », a déclaré le ministère français des Affaires étrangères, au lendemain de la révélation de cette affaire par Reporters sans frontières (RSF) et son employeur, le groupe So Press.
Christophe Gleizes s’était rendu en Algérie pour un article sur l’un des plus gros clubs du pays, la Jeunesse Sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi Ouzou, à 250 km à l’est d’Alger. Selon RSF, il avait été arrêté le 28 mai 2024 à Tizi Ouzou et placé sous contrôle judiciaire, pour « être entré dans le pays avec un visa touristique, pour +apologie du terrorisme+ et +possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national+ ». La justice lui reproche d’avoir été en contact avec un dirigeant de la JSK, également l’un des responsables du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé terroriste par les autorités algériennes en 2021.
Selon RSF, les premiers échanges entre les deux hommes « ont eu lieu bien avant cette catégorisation par les autorités algériennes » et « le seul échange survenu en 2024 visait à la préparation de son reportage » sur la JSK, « ce dont Christophe Gleizes ne s’est jamais caché ».