L’ancien Premier ministre français François Fillon, reconnu définitivement coupable dans l’affaire des emplois fictifs de son épouse Penelope, a vu mardi sa peine réduite à quatre ans de prison avec sursis, 375.000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité.
Cette condamnation intervient à l’issue d’un troisième procès qui avait été ordonné par la Cour de cassation, plus haute juridiction française.
Le 9 mai 2022, François Fillon, 71 ans, s’était vu infliger lors du précédent procès en appel un an de prison ferme, la même amende et 10 ans d’inéligibilité. La Cour de cassation avait ensuite annulé partiellement cette décision, estimant en particulier que la prison ferme était insuffisamment motivée.
La cour d’appel de Paris a en outre confirmé une somme de 126.167 euros de dommages et intérêts attribués à l’Assemblée nationale, qui recouvrait l’un des contrats d’assistante parlementaire de Penelope Fillon auprès de son mari, celui de 2012-2013.
« La cour a augmenté que ce n’était pas rapportée dans le dossier la preuve d’un travail salarié », a simplement expliqué le président en rendant la décision.
Le reste des dommages et intérêts – au total, 800.000 euros – sont définitifs et François Fillon a commencé à rembourser.
C’est une décision « qui après quelques années vient remettre cette affaire à sa bonne place. Il n’y a pas de prison ferme, pas de bracelet électronique, François Fillon est un homme libre », a réagi son avocat Me Antonin Lévy, qui a indiqué qu’il allait étudier l’arrêt avant de décider d’un éventuel nouveau pourvoi en cassation.
Lors d’une audience le 29 avril uniquement consacrée aux sanctions concernant M. Fillon, l’avocat général avait requis quatre ans d’emprisonnement avec sursis, 375.000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité.
Les peines de Penelope Fillon et de l’ancien suppléant de François Fillon, Marc Joulaud, avaient au contraire été définitivement confirmées.
En première instance, en 2020, François Fillon s’était vu infliger cinq ans d’emprisonnement dont deux ans ferme, avec les mêmes peines d’amende et d’inéligibilité.
L’affaire avait éclaté en janvier 2017 avec les révélations de l’hebdomadaire français Le Canard enchaîné.
Lancés sur la piste des emplois de Mme Fillon, les enquêteurs ont entouré de nombreux témoins, du jardinier aux journalistes locaux en passant par d’anciens collaborateurs et des préfets en poste à l’époque, sans guère trouver de témoignages confirmant la réalité du travail de l’épouse de celui qui s’était longtemps posé en héraut de l’intégrité.
Il avait été éliminé en 2017 au premier tour de la présidentielle, arrivant en troisième position avec 20,01% des voix, une situation inédite pour un candidat de droite sous la Ve République. Le centriste Emmanuel Macron avait été élu, l’important au second tour face à la candidate d’extrême droite Marine Le Pen. (Afp)
