L’Onu a réclamé samedi une enquête urgente sur la mort d’un de ses employés, détenus depuis 2024 par les Houthis au Yémen, où plusieurs dizaines d’employés de l’organisation restent détenus par les rebelles pro-iraniens.
« Mohammad el Shami, membre du personnel du Bureau des droits de l’homme de l’Onu au Yémen, était arbitrairement détenu par les Houthis depuis le 6 juin 2024. D’après les informations fournies par sa famille, il est décédé il ya plus d’un mois, mais ses proches n’en ont été informés que récemment », a affirmé le Haut-Commissariat de l’Onu aux droits de l’homme dans un communiqué.
« C’est une perte déchirante pour le Bureau des droits de l’homme de l’Onu et l’ensemble des Nations unies. La famille de Mohammad n’a reçu aucune explication sur la cause ou les circonstances de sa mort – elle a le droit de connaître la vérité », a déclaré le Haut-Commissaire, Volker Türk.
Le Haut-Commissaire exige des autorités une transparence totale ainsi qu’une enquête « urgente, indépendante et approfondie », avec divulgation des dossiers médicaux et de détention.
Le 14 octobre dernier, Farhan Haq, un porte-parole du secrétaire général de l’ONU, avait affirmé aux journalistes à New York que 71 membres du personnel des Nations Unies restaient détenus par les Houthis.
– « changer de cap » –
Le ministre yéménite de l’Information, Moammar al-Eryani, a condamné le décès de Mohammad el Shami.
Il a souligné que « les circonstances encore mystérieuses de son décès soulèvent de sérieuses questions quant à la sécurité des autres personnes enlevées et nécessiteraient une enquête internationale indépendante et transparente ».
Volker Türk s’est dit aussi « extrêmement préoccupé par la sécurité » des autres membres du personnel de l’ONU qui restent détenus, avec d’autres travailleurs humanitaires. Il réclame « leur libération immédiate et inconditionnelle ».
Le Haut-Commissariat exige que, dans l’attente de leur libération, les Houthis garantissent leur accès aux soins médicaux et le contact avec leurs familles et l’ONU.
Volker Türk a ajouté que la disparition de Mohammad el Shami suscitait de profondes inquiétudes quant à la sécurité du personnel des Nations unies et aux conditions dans lesquelles l’organisation peut maintenir sa présence et mener à bien son travail dans les zones contrôlées par les Houthis.
« En détenant nos collègues, les autorités de facto compromettent gravement notre capacité à venir en aide à la population yéménite alors que le pays traverse une crise humanitaire et des droits humains particulièrement grave. Je les exhorte à changer de cap », at-il averti.
AFP
