Le Conseil de sécurité de l’Onu a renouvelé mercredi pour un an son embargo sur les armes en Haïti et le régime de sanctions contre certains responsables des violences dans le pays.
Il renouvelle aussi le groupe d’experts mandaté pour enquêter sur les violations du régime de sanctions et documenter les réseaux qui alimentent les gangs en armes, en argent et en ressources.
Nouveauté par rapport aux textes adoptés ces dernières années : le Conseil de sécurité se déclare « préoccupé par les informations faisant état de malversations, d’abus de confiance et de détournements de fonds publics, qui compromettent la paix, la sécurité et la stabilité en Haïti ».
Il souligne à ce titre que « les individus qui prennent part, directement ou indirectement » à « des activités de nature à déstabiliser Haïti par l’exploitation ou le commerce illicites de ressources naturelles pourraient être visés par une interdiction de voyager et des sanctions financières ».
C’est ce dernier passage qui a justifié l’abstention de la Russie. Notre vote « n’est en aucun cas motivé par le désir de protéger des responsables corrompus ou de manifester une attitude particulière à l’égard de l’élite politique haïtienne », s’est justifié devant le Conseil le représentant russe à l’Onu, Vassili Nebenzia.
Mais « nous considérons que, dans le contexte du processus politique extrêmement fragile que traverse le pays, toute ingérence extérieure ne peut qu’aggraver une situation déjà complexe », a-t-il poursuivi.
Pays le plus pauvre des Amériques, Haïti traverse depuis longtemps une crise politique, économique et sécuritaire, mais la situation s’est largement détériorée ces dernières années, les gangs multipliant meurtres, enlèvements, viols et recrutements d’enfants.
Malgré l’embargo, des centaines de milliers d’armes sont en circulation, allant des armes de poing aux fusils semi-automatiques de guerre. Selon l’Onu, l’embargo est principalement contourné via des trafics depuis les États-Unis, bénéficiant de la faiblesse des contrôles douaniers.
« Nous exhortons les États membres, en particulier le pays qui constitue la principale source d’approvisionnement illicite d’Haïti en armes et en munitions, à prendre d’urgence des mesures décisives pour lutter contre le trafic à la source », a déclaré à ce sujet Sun Lei, représentant permanent adjoint de la Chine à l’Onu.
Les autorités électorales haïtiennes ont annoncé la semaine dernière le report des premières étapes du processus électoral, repoussant ainsi sine die les élections présidentielle et législatives qui devaient débuter le 13 décembre.
AFP


