L’agence de notation S&P a rétrogradé fortement vendredi la note de la dette souveraine sénégalaise après l’annonce, en parallèle d’un accord avec le Fmi, d’un « plan de traitement de la dette du Sénégal » (PTDS) par le gouvernement, vu par l’agence comme une restructuration.
S&P explique noter désormais la dette en devise étrangère à « CC », contre « CCC+ » auparavant, et la dette en monnaie locale, non concernée par le Ptds, à « CCC », contre « CCC+ » jusqu’ici, y ajoutant dans les deux cas une perspective négative, signifiant que l’agence envisage une nouvelle baisse dans les six prochains mois.
Cela place la notation de la dette en devise étrangère tout juste deux rangs au-dessus du défaut, une situation qui se présente généralement lorsqu’un pays entame la restructuration de sa dette.
La perspective négative vient du fait que S&P juge élevée la possibilité de défaut sur la dette en devise étrangère, en raison du Ptds. L’agence s’attend également à ce que la dette en monnaie locale soit rapidement concernée par une restructuration.
Le gouvernement sénégalais a signé mardi un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la mise en place d’un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, qui doit permettre au pays ouest-africain de poser les bases pour assainir ses finances publiques.
L’État sénégalais est en effet confronté à une dette qui atteignait 132% de son produit intérieur brut (PIB) fin 2024, dont une partie a été cachée par le gouvernement précédent, dirigé par l’ex-président Macky Sall.
Cela avait conduit le FMI à maintenir son programme d’aide de 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros) conclu en 2023, en attendant d’avoir des réponses et des engagements des nouvelles autorités.
En parallèle de l’accord avec le FMI, le gouvernement a annoncé son PTDS, qui doit être mis en œuvre via le cadre commun du G20 pour la dette souveraine, table ronde informelle regroupant les déficits, tant publics que privés, et les pays endettés.
Le programme ne concerne en revanche pas la dette du Sénégal libellée en franc CFA, qui représente près d’un tiers de la dette publique totale du pays, selon S&P.
L’agence estime par ailleurs que les besoins de refinancement restent élevés pour l’Etat sénégalais dans la mesure où ce dernier « s’est fortement reposé sur le financement local à court terme ces deux dernières années ».
« Avant de prendre en compte les effets du PTDS, nous estimons les besoins de refinancement sur les trois prochaines années à l’équivalent de 25% à 29% du PIB, chaque année », a indiqué S&P.
AFP



