Jeudi vers 05H00 (04H00 GMT), « des éléments criminels soupçonnés d’appartenir à l’organisation interdite Peuple indigène du Biafra (…) ont bloqué l’autoroute Owerri-Okigwe et ont commencé à tirer sporadiquement », a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police de l’État d’Imo, Henry Okoye.
Ils ont tiré sur des véhicules, « incendié plusieurs voitures et tué des personnes innocentes », a-t-il ajouté. « Pour l’instant, les décès de trois personnes ont été confirmés ».
Amnesty International a fait état d’un bilan de 30 morts sur X, précisant que les assaillants avaient brûlé au moins 20 véhicules. la police a qualifié de « sensationnaliste » l’information de l’ONG de défense des droits humains.
Le directeur d’Amnesty pour le Nigeria, Isa Sanusi, a expliqué à l’AFP que le bilan de 30 morts était basé sur des informations de sources sur le terrain et dans les hôpitaux.
La Croix-Rouge de l’État d’Imo a indiqué que « des rapports préliminaires montrent un nombre important de victimes humaines, mais le nombre total de morts reste à confirmer ».
« Plus de 20 véhicules ont été détruits, et l’incident a fait monter les tensions dans les communautés avoisinantes, entraînant une restriction des déplacements et une augmentation des craintes de nouvelles violences », indique un rapport d’incident de la Croix-Rouge consulté par l’AFP.
Selon le porte-parole de la police, un assaillant a été tué et un autre a été arrêté lors d’une fusillade avec les forces de l’ordre.
Il s’agit de « vauriens qui prennent comme prétexte le combat pour la liberté pour perpétrer toutes sortes d’actes ignobles, dont des tueries insensées. Ce sont purement et simplement des terroristes », a-t-il ajouté.
Le jour de l’attaque, le président Bola Tinubu visitait l’État d’Anambra voisin, où il a lancé des projets d’infrastructure.
L’IPOB n’est généralement pas à l’origine d’attaques, qui sont également menées par des gangs criminels ou des rivaux politiques empruntant le nom du groupe.
Nnamdi Kanu, ancien agent immobilier londonien et fondateur de l’IPOB, est actuellement jugé pour « terrorisme » à Abuja, la capitale.
Amnesty a réclamé une « véritable enquête » sur l’attaque afin que les auteurs puissent être traduits en justice.
« L’attaque coordonnée contre les voyageurs sur la route Okigwe-Owerri montre l’incapacité constante des autorités nigérianes à régler la crise persistante dans le sud-est du Nigeria », a déclaré M. Sanusi à l’AFP.